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ATB : Des travaux dans un climat d'incertitude sur le futur actionnariat
Toulouse # Transport-logistique # Politique économique

ATB : Des travaux dans un climat d'incertitude sur le futur actionnariat

L'aéroport de Toulouse-Blagnac investit 30 millions d'euros pour s'agrandir. En coulisse, on se questionne sur les 10 % de son capital qui devront être légués par l'État en 2018.

Avec le lancement de ses extensions, ATB aborde son plan d'affaires 2017-2021 dans une ambiance loin d'être sereine, l'attribution des 10% du capital encore détenus par l'Etat intervenant courant 2018. Le 28 juin denier, lors du lancement des travaux de l'aéroport, ce n'étaient qu'apartés sur un nouvel hold up de l'actionnaire principal, le chinois Casil Europe (49,9% du capital), perpétré sur les réserves de la société.

L'application de normes comptables IFRS

« Le trafic en hausse a porté la bonne santé financière de l'entreprise, et l'assemblée a voté la distribution de la totalité du bénéfice 2016 (7.85 M?, selon les normes internationales IFRS) aux différents actionnaires » a t-il été annoncé lors de l'AG de l'aeroport qui s'est tenue le même jour, le 28 juin . Le président du directoire d'ATB, Jean-Michel Vernhes, a justifié cette décision : « Comptablement, nous travaillons maintenant en comptes consolidés aux normes IRFS qui intègrent les revenus des filiales. » Pascal Boureau, l'administrateur représentant le Conseil Départemental de Haute-Garonne (5% du capital) commentait « qu'au plan strictement réglementaire il n'y a pas de problème, c'est plus une question de principes ». En effet, la CCI de Toulouse (gestionnaire historique qui détient 25% du capital) serait montée au créneau au motif que les actionnaires chinois s'étaient engagés en 2016 à ce que le prélèvement exceptionnel de 15 millions d'euros soit le premier et le dernier.

30 millions d'euros de travaux d'extension

Les travaux engagés (30 M?) visent à franchir un cap de développement portant le trafic à 12 millions de passagers en 2021 (8,5 M à ce jour). Ils portent sur 3 projets livrables en 2018. Le premier est l'extension du Hall A (pour avril) par une jetée dédiée aux compagnies régionales et low cost, ferventes de l'embarquement à pied des passagers.

Hôtel et zone commerciale

Il y aura aussi un nouvel hôtel 4 étoiles de 148 chambres dont l'exploitation a été confiée au groupe espagnol NH Hoteles. Celui-ci sera relié au hall A de l'aéroport et proposera un espace de 1.000 m² dédié aux réunions, séminaires, bar, restaurant et fitness. Enfin, le hall D (pour mai) recevra tous les postes d'inspection filtrage et se verra doté d'une zone commerciale de 4.000 m². Pour répondre aux craintes de certains sur la trop grande importance de cette surface commerciale Jean-Michel Vernhes a déclaré : « Nos ratios surface commerciale/nombre de passagers sont dans la norme des autres aéroports. » Le choix des opérateurs du duty free et de la restauration sera connu cet automne.

Vente des 10,1 % restants

« Nous sommes partants pour un tour de table local » rappelle Pascal Boureau alors que la vente des 10,1% du capital encore aux mains de l'Etat doit intervenir à partir d'avril 2018. Casil Europe détient une option. Tout dépendra de l'attitude de l'Etat dont le ministre qui avait bouclé la privatisation de l'aéroport n'est autre qu' Emmanuel Macron... Les opposants à la main mise de Casil devront faire preuve de plus d'envie de s'unir que lors de la première adjudication, où ils avaient surtout brillé par leur division.

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