Plus de mille chefs d'entreprises se sont pressés au Parc Chanot de Marseille pour la traditionnelle assemblée générale de l'UPE 13, le jeudi 12 juin. Pour convaincre les aficionados du football de se détourner du match d'envoi de la Coupe du monde, Brésil/Croatie, l'incontournable rencontre de milieu d'année organisée par le patronat marseillais a choisi de miser sur Pierre Gattaz, le président du Medef en personne, qui avait fait le voyage dans la cité phocéenne pour rappeler que le Pacte de responsabilité du gouvernement doit entrer dans la loi et pour rebooster les chefs d'entreprise.
Pour se remotiver
La rencontre était baptisée "Tous PME". Un clin d'oeil pour souligner en effet qu'en Paca 99 % des entreprises sont des TPE. Comme l'a précisé en préambule Jean-Luc Chauvin, président de l'UPE 13 : « Il nous manque des grandes entreprises, des ETI. J'ai commencé mon mandat avec le slogan "Faire grandir l'entreprise !", il faut garder le cap... », a-t-il poursuivi, tout en égrenant les sujets sur lesquels l'UPE a été moteur durant l'année écoulée. Ainsi, l'ouverture des commerces le dimanche, ainsi la création de la grande métropole. « Nous avons été les premiers à la réclamer. Nous avons poursuivi notre action auprès des hommes politiques pour leur dire "écoutez-nous, nous avons des idées et nous pouvons travailler ensemble..." Si l'on en croit les programmes des candidats, nous avons été entendus et la métropole, les transports et le logement ont été des thèmes au coeur du débat électoral... Il faut maintenant attendre de voir les décisions qui vont être prises. Il y a urgence pour notre territoire », a-t-il martelé.
Pour faire du réseau
L'assemblée générale de l'UPE est l'une des grandes rencontres de l'année où la plupart des décideurs sont de sortie. Le moment idéal pour approcher ceux qu'il est la plupart du temps impossible de rencontrer. Le cocktail qui suit les débats s'est poursuivi cette année encore assez tard. Que ce soit dans les salons du Palais des congrès ou dans les jardins, il était possible de croiser le président de la CCI Marseille-Provence,
Jacques Pfister,
Pierre Grand-Dufay (Tertium),
Hervé Baladur (HBI),
Didier Parakian (Marjorie SA),
Bernard Crozes (SFR),
Gérard Canavese (Canavese),
François Ranise (Profil),
David Sussmann (SeaFood Export) ou encore
Jean-Marie Suquet (Banque Publique d'Investissement) et d'échanger cartes de visite et quelques mots. Les dirigeants de PME ne s'y trompent pas. Ils étaient encore au rendez-vous, tout comme les hommes et les femmes du monde de la communication, toujours friands de contacts. Ainsi,
Laurent Weil, co-directeur de l'agence marseillaise Spark Relations ou
Laurent Collin, fondateur de l'agence Stonepower.
Peggy Santerre (ADT International) avait quant à elle été contactée par l'UPE pour participer à la première table ronde réunissant des PME locales. L'occasion pour elle de rappeler, en évoquant son contrat avec Daewoo, que son agence de traduction basée à Châteauneuf-les-Martigues a la capacité de relever de véritables défis industriels.
Pour Pierre Gattaz
Le président du Medef a conclu la soirée en montant sur scène et en se lançant dans un long monologue, debout, face aux chefs d'entreprises. Un show et un discours bien huilé, au cours duquel il a rappelé avec humour l'origine de son engagement. « Quand on est chef d'entreprise, on a trois choix. Celui de se faire mal à l'estomac en encaissant toutes les tracasseries, celui de vendre et d'aller s'installer en Suisse ou en Belgique ou alors, celui de s'engager. C'est ce que j'ai choisi... » Plus sérieusement, c'est un Medef de combat qu'a voulu présenter Pierre Gattaz, qui a rappelé le problème nº1 de la France : son taux de chômage à 11 %. « Nous sommes les seuls, chefs d'entreprise, à pouvoir agir sur cette variable. Il faut l'expliquer encore et encore aux politiques qui ne nous comprennent pas et qui ne connaissent pas les mécanismes de l'entreprise ». Pour exporter, investir, recruter, les entreprises ont besoin d'argent et donc de marges. « Les PME subissent le coût du travail, le coût de la fiscalité, le coût de l'énergie, le coût de la complexité administrative et le coût de l'Euro fort. Il faut que le monde politique se penche sur ces problèmes ! Nous subissons des agressions permanentes par méconnaissance ou par dogme... » Pierre Gattaz a rappelé son attachement au Pacte de responsabilité. « Nous en partageons les principes. Mais, maintenant le monde économique attend du concret. Il est temps d'intégrer le Pacte dans la loi pour pouvoir passer à la phase de mobilisation. Il y a vingt leviers à actionner pour atteindre le million d'emplois annoncé...
»
Pour les coups de gueule
Si le mot d'ordre était la mobilisation, les intervenants n'ont cessé de rappeler les difficultés des chefs d'entreprise et de scander des appels à l'aide à l'attention des politiques et du gouvernement.
Jean-Luc Chauvin a ouvert le bal en lançant un véritable appel d'urgence : « Qui veut la peau des PME françaises ? Ce sont les entreprises qui créent les emplois ! Bon Dieu de Merde, laissez-nous travailler ! ». Suivi de cette répartie, largement applaudie : « Qu'est-ce qui fait bouillir la marmite des Français ? Ce n'est pas l'État, mais le travail des salariés dans l'entreprise. Nous n'en pouvons plus, il faut changer de modèle ensemble. Les entreprises ne sont pas l'ennemi de la France, nous sommes au contraire les alliés objectifs de la relance et de l'emploi ! ». De son côté,
Geoffroy Roux de Bézieux, patron de Virgin Mobile France et vice président du Medef n'a pas hésité à ressortir un grand économiste de ses souvenirs des amphis de Paris Dauphine : « Pour créer de l'emploi, il faut aussi accepter d'en détruire ! C'est de la création/destruction, comme le dirait Schumpeter... ». Enfin, pour
Pierre Gattaz, « l'entreprise n'est ni de droite, ni de gauche, elle est le moteur économique du pays ! ».
SHOW. Pierre Gattaz, président du Medef, était cette année l'invité de la traditionnelle Assemblée générale de l'UPE 13.