ASSE : Les clignotants passent au vert

ASSE : Les clignotants passent au vert

Après deux années de galère, l'ASSE semble repartie sur de bons rails. Une embellie sportive qui s'accompagne d'un travail de gestion de fonds pour épurer les mauvais choix d'investissements de ces dernières années. Zoom sur le projet économique du club. Gilles Cayuela

2,5M€ de pertes sur l'exercice 2009-2010, un budget prévisionnel 2010-2011 revu à la baisse à 55M€, les dirigeants stéphanois ont été contraints de recruter malin durant le mercato estival. Parmi les 4 nouveaux venus, 3 étaient libres de tout contrat et n'ont donc nécessité aucune indemnité de transfert. Un choix qui s'avère pour l'instant économiquement et sportivement payant puisque l'ASSE après 7 journées de championnats pointe en tête du classement de Ligue 1.




Proche du Fair-Play financier UEFA

L'heure n'étant pas à la dépense, l'A.S. Saint-Étienne a surtout passé son été à dégraisser pour «tendre vers les futures règles du Fair-Play financier de l'UEFA», explique Stéphane Tessier, membre du directoire et conseil avisé du président Romeyer sur toutes les questions économiques du club. Parmi ces règles, on trouve notamment la limitation du nombre de contrats professionnels à 23 joueurs, une proportion raisonnée de la masse salariale par rapport au budget global du club, et enfin un ?résultat football? équilibré sur trois ans (ndlr: solde des recettes et charges liées au football, abstraction faite d'une partie des investissements joueurs). Sur les deux premiers points, la SASP ASSE Loire semble déjà proche des nouvelles règles si chères à Michel Platini. «À ce jour, nous avons 24 joueurs sous contrats professionnels. Le ratio masse salariale/budget est proche du Fair-Play Financier. Nous nous étions fixés pour objectif de réduire la masse salariale de 30%. Nous en sommes à 28%», explique Stéphane Tessier. Sur le troisième critère, celui du ?résultat football?, le club est encore loin de l'objectif fixé. «Nous avons encore une marge de manoeuvre d'une année. Charge à nous d'être plus dynamique en billetterie, en merchandising, d'aller chercher un peu plus de droits TV», commente Stéphane Tessier. Les bons résultats sportifs actuels, s'ils se confirment, devraient y contribuer.




«Nous subissons certaines décisions de gestion»

Si tout n'est donc pas encore rose sur le plan financier, les clignotants semblent passer progressivement au vert. «La situation de gestion et la structure financière du club sont bonnes. Mais nous subissons encore certaines décisions de gestion et d'investissements de ces dernières années qui sont difficiles à amortir», assure Stéphane Tessier. Erreur de casting sur certains achats de joueurs, salaires exorbitants pour d'autres, politique commerciale pas suffisamment structurée, voire incohérente... Les dirigeants stéphanois semblent avoir eu du mal à gérer l'après saison 2007-2008 et la qualification pour la coupe de l'UEFA, après 26 ans d'absence à ce niveau. Malgré ce passif, l'A.S. Saint-Étienne n'en demeure pas moins le 6e club de France au niveau des fonds propres avec un matelas de 10M€. Une somme qui ne met toutefois pas le club à l'abri financier de l'aléa sportif.




Et l'avenir?

Pour s'assurer dans l'avenir une plus grande stabilité économique, le club cherche aujourd'hui à renforcer ses actifs corporels comme nous l'explique Stéphane Tessier. Sans être dans le secret des dieux, il n'est pas bien difficile d'imaginer quelle va être la stratégie du club dans les mois à venir. Investissement dans du foncier, prise de participation dans des sociétés, création d'activité connexes au football... Autant de valeurs sûres qui manquent aujourd'hui à l'A.S. Saint-Étienne pour franchir un palier. Le voisin lyonnais a montré la voie avec OL Coiffure ou OL Taxi. Saint-Étienne devra trouver sa propre formule. Une formule qui, pour réussir, devra forcément correspondre aux valeurs stéphanoises.