Arkema : Les PVC filialisés pour êtres cédés
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Arkema : Les PVC filialisés pour êtres cédés

Chimie Le groupe poursuit sa stratégie de recentrage sur la chimie de spécialités. Il crée à Lyon une nouvelle filiale dédiée aux activités vinyliques, actuellement non rentables, qui sera cédée au groupe suisse Klesch une fois remise à flot.

Les spécialités d'un côté. Les commodités de l'autre. Le groupe Arkema a décidé de scinder ses deux familles d'activités qui ne requièrent pas la même stratégie. Qu'il s'agisse de maturité de marché, de taille des débouchés, de retour sur investissements ou encore d'exposition géographique, les deux activités ont besoin d'approches différenciées pour se développer. Arkema va donc poursuivre son recentrage sur la chimie de spécialités, qui représente 85% de son chiffre d'affaires. Pour cela, elle va céder son activité vinylique (essentiellement des PVC, du chlore et de la soude), génératrice de fortes pertes, une fois remise sur pieds, au groupe suisse Klesch. L'activité PVC sera rassemblée sous une nouvelle filiale, à Lyon, qui sera dirigée par Otto Takken, actuel directeur général du pôle produits vinyliques d'Arkema. La cession se fera sans prix de cession, l'engagement d'Arkema étant de «doter cette nouvelle structure d'un bilan financier solide pour lui donner toutes ses chances de se développer», décrypte Sophie Suc, responsable de la communication du groupe.




600 futurs ex-Arkemaen région

La nouvelle filiale devrait être constituée au second semestre 2012, sous réserve d'un accord avec le personnel. Elle emploiera 2.630 salariés dans dix pays, dont 1.780 personnes en France. Les sites rhônalpins d'Arkema sont fortement impactés par cette décision. 280 salariés de l'usine de fabrication de PVC de Saint-Fons, 190 de celle de Balan, une vingtaine de chercheurs du site de Pierre-Bénite basculeront sur la nouvelle entité. À qui s'ajouteront des fonctions support et du personnel du siège social. «Au total, près de 600 personnes en région lyonnaise vont basculer sur la nouvelle filiale, tandis que 1.800 resteront chez Arkema dans la région», précise Sophie Suc. Reste à convaincre les salariés du bien-fondé de l'opération. À l'annonce du projet, les jours de grèves et autres manifestations de mécontentement se sont multipliés. «Nous n'avons aucune garantie sur les intentions du repreneur, déplore Didier Chaix, délégué syndical CGT de Saint-Fons. Klesch a des activités dans tous les sens et sa reprise d'une entreprise en France, Myrys, s'est soldée par des licenciements secs. Arkema a les moyens de redresser le pôle vinylique, nous demandons donc le retrait du projet.» De son côté, Arkema assure qu'aucune restructuration du bien industriel n'est envisagée et que l'ensemble des contrats de travail seront transférés en l'état au jour de la cession. La centaine de salariés des fonctions support devrait être transférée sur la base du volontariat.




Une meilleure rentabilité

Sur le plan économique, Arkema se défend de pouvoir maintenir l'activité vinylique dans son giron. «Depuis 2006 nous avons investi 400M€ dans cette activité. Or elle pose un réel problème de rentabilité, expose Sophie Suc. Les activités qui vont être cédées ont généré 1Md€ de chiffre d'affaires en 2010 pour une contribution au résultat net de 78M€ de pertes!» La filialisation générera une charge exceptionnelle nette d'environ 470 M€, dont 100M€ sur sa trésorerie. Une fois la situation financière de la nouvelle filiale assainie, Arkema compte donc sur le groupe Klesch pour assurer un avenir industriel rentable à cette activité. Et se concentrer, pour sa part, sur la chimie industrielle et les produits de performance. Elle vise par ce recentrage un chiffre d'affaires pro-forma de 6,5Md€.

Arkema



(Colombes - Hauts-de-Seine) P-dg: Thierry Le Hénaff Chiffre d'affaires 2010: 5,9milliards d'euros 15.700 salariés www.arkema.com

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