Ariane 6 : Qu'en attendre en Gironde ?
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Ariane 6 : Qu'en attendre en Gironde ?

Spatial Le lancement du programme Ariane 6 devrait profiter aux sites girondins d'Herakles et Airbus Defence and Space. Les deux groupes avaient pris les devants en créant une joint-venture qui développera des lanceurs spatiaux de nouvelle génération.

L'annonce du lancement officiel du programme Ariane 6 a été faite le 2 décembre à Luxembourg par les ministres des pays membres de l'ESA, l'Agence Spatiale Européenne. Une nouvelle qui n'est pas passée inaperçue dans l'agglomération bordelaise. Car Ariane fait partie des projets moteurs de trois établissements girondins : les deux sites d'Herakles, au Haillan et à Saint-Médard-en-Jalles qui emploient plus de 2.200 personnes, et Airbus Defence and Space, anciennement Astrium à Saint-Médard-en-Jalles, qui compte 1.350 salariés.




4 milliards d'euros pour Ariane 6

Herakles, né de la fusion des deux filiales de Safran, SME (ex-SNPE) et SPS (Snecma Propulsion Solide) est le premier employeur industriel girondin et surtout l'un des leaders mondiaux dans le domaine des moteurs à propergol solide, le carburant des gros missiles et des fusées Ariane qu'il fabrique aussi. Airbus Defence and Space, division du groupe Airbus, est lui le numéro un Européen de l'industrie spatiale et de la défense et fournit à Arianespace, la fusée. L'annonce de la signature du programme Ariane 6 et des 4 milliards d'euros qui y seront consacrés, devrait au moins permettre aux entreprises girondines de maintenir leur plan de charge.




Création d'une joint-venture

Le futur lanceur européen a pour but de demeurer compétitif face à la concurrence de l'entreprise américaine privée SpaceX avec « une Ariane compétitive et modulaire » selon Geneviève Fioraso, la secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche. Le groupe Safran, maison mère d'Hérakles, et Airbus group avaient anticipé ce lancement en annonçant dès juin dernier la création d'une joint-venture détenue à parité : Airbus Safran Launchers. L'entreprise qui est effective depuis le 1er janvier 2015, développera des lanceurs spatiaux de nouvelle génération et comptera 450 salariés. Ce futur géant industriel suscite bien des interrogations chez les salariés. « Nous sommes à l'affût, explique Christophe Dumas, délégué syndical central adjoint de la CFE-CGC chez Airbus. Nous saluons la joint-venture mais nous restons vigilants sur l'emploi ». Réductions d'effectifs à cause des doublons ou bien créations d'emplois au sein de ce nouveau géant qui pourrait compter à terme plus de 8.000 salariés ? Chacun reste sur ses gardes et attend le développement de ce lanceur nouvelle génération.




Les concurrents d'Ariane

Si Ariane 5 est une réussite avec 63 tirs d'affilée réussis, la concurrence est de plus en plus acharnée sur le marché des lanceurs. Le premier concurrent, l'entreprise privée américaine Space X avec son lanceur Falcon, peut envoyer 13 tonnes en orbite basse et 4,5 tonnes en orbite géostationnaire. Son prix de lancement est le plus bas du marché : 55 millions de dollars. Le Russo-Américain ILS, a connu trop d'échec depuis sa création en 2008 pour menacer la supériorité d'Arianespace. Pour des raisons géopolitiques, la fusée chinoise "Longue Marche" ne peut quasiment compter que sur les commandes institutionnelles nationales. La réglementation ITAR (International Traffic in Arms Regulation) interdit l'exportation et la vente de composants américains dans certains pays. Enfin, le lanceur "low cost" japonais Epsilon, positionné sur le marché des satellites de petite taille (1 tonne), pourrait devenir à terme un sérieux concurrent pour le lanceur Vega d'Arianespace.

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