Cécile Bélard du Plantys et Annie Bras-Denis
forment un tandem de choc. À la tête de l'office public de l'habitat de la ville de Rennes, ce duo féminin a une grande responsabilité. Il s'agit même d'un « trio efficace et collaboratif », si l'on ajoute leur nouvelle présidente, la maire de Rennes, Nathalie Appéré. Une première dans l'histoire de cette institution née en 1919. Acteur économique de poids, Archipel Habitat investit en moyenne chaque année 8 à 10 millions d'euros sur son patrimoine (15.315 logements gérés), auxquels il faut ajouter 2,5 à 3 millions en travaux d'exploitation, mais surtout près de 45 M€ en construction neuve (43,8 en 2013). Cette dernière enveloppe est financée à 15 % en fonds propres, à 10-15 % en subventions et le reste en emprunts. À but non lucratif, l'établissement public n'en génère pas moins 13 à 14 % de résultat net. Ce qui lui permet d'investir de façon continue. Son « chiffre d'affaires », si l'on peut dire, est constitué des loyers perçus, soit 56 M€ en 2013 (65 M€ avec les charges).
Générateur d'activité pour les entreprises locales
La nouvelle directrice générale et son adjointe insistent sur l'impact économique d'Archipel Habitat : « Nous fonctionnons beaucoup en lots séparés et faisons travailler les entreprises locales, du département à 75 % d'entre elles. Nous générons beaucoup d'activité et celle-ci est non délocalisable ! »
Son champ s'élargit
C'est aussi un gros pourvoyeur d'emplois : 236 salariés, dont la moitié au nouveau siège érigé à côté de l'hôtel de Rennes Métropole (encore 4,7 M€ investis). L'autre moitié de l'effectif travaille en agences et Archipel Habitat compte quelque 70 gardiens d'immeubles. Le parc d'Archipel Habitat se situe à 85 % à Rennes, mais l'acteur public gagne du terrain et élargit de plus en plus son périmètre. D'ici à quelques années, des villes jusqu'ici dépourvues en logements sociaux auront leurs lots : 180 en projet à Cesson-Sévigné, 140 à Chantepie, 170 à Saint-Jacques-de-la-Lande, 71 à Bruz. On parle de « métropolisation de la politique habitat ». « Nous n'irriguons pas le territoire ; nous labourons notre champ d'exercice », sourit Cécile Bélard du Plantys. « Être un établissement public nous oblige plus que d'autres et crée des devoirs pour la métropole. Nous avons une mission d'intérêt général et de service public », insiste la directrice générale, qui revendique un tiers de parts de marché du logement social sur son territoire.
Des valeurs communes
Dans un milieu très masculin, le duo en impose naturellement et mène tambour battant son nouveau projet partagé d'entreprise. « Nous travaillons à ce que pourrait être une entreprise publique du 21e siècle, dans son rapport aux habitants, aux salariés, à la gouvernance. Nous avons des valeurs communes et une vision partagée de ce à quoi on sert et où l'on va. » Ouverture, qualité de service, implication de la population sont autant de valeurs que « les filles d'Archipel », comme on les appelle, incarnent. Et quand on leur pose la question d'un management au féminin, elles ne le voient pas comme tel et répondent : « Nous sommes le témoignage que c'est possible, la preuve que le plafond de verre se brise ! »
Géry Bertrande
HLM Dans son nouveau siège rennais, un duo féminin dirige l'office HLM de la ville : acteur majeur qui investit 45 M€ en construction neuve et 13 M€ en travaux, par an.