Organisée le 14 octobre sur les deux sites, la visite de presse a porté sur deux chantiers du Nord. Le groupe mène une filière d’aciers électriques de 500 millions d’euros à Mardyck et construit un four à arc électrique de 1,3 milliard d’euros à Dunkerque. Ce dernier doit produire un acier moins émetteur de CO₂.
Un four de deux millions de tonnes
Confirmé le 10 février 2026, le projet de Dunkerque comprend un four de métallurgie en poche et un four à arc électrique, dont la production annuelle d’acier pourra atteindre deux millions de tonnes. Le projet initial, dévoilé en janvier 2024, comprenait deux fours pour un coût pouvant atteindre 1,8 milliard d’euros, selon l’AFP. Il a depuis été ramené à un four et à 1,3 milliard d’euros. Le soutien des certificats d’économies d’énergie doit en représenter la moitié, selon le communiqué du groupe de février.
Le chantier a débuté par des travaux préparatoires, selon ArcelorMittal. La préparation des installations et l’achat d’équipements à long délai de livraison ont déjà donné lieu à 300 millions d’euros d’engagements, précise le groupe. Le pilotage du projet mobilise 110 personnes à Dunkerque. Selon le groupe, les premières productions d’acier de la nouvelle filière sont attendues au second semestre 2029, au terme d’un projet de 42 mois lancé début avril 2026.
Les dossiers d’autorisation ont été déposés et une consultation du public a démarré le 15 octobre. Selon l’AFP, le four, une fois à son rythme de production normal, autour de 2030, entraînera l’arrêt d’un haut-fourneau sur les deux que compte le site. Celui-ci doit continuer à produire au total 5,5 millions de tonnes par an.
Mardyck : trois lignes en service depuis mars
Depuis mars 2026, les trois premières lignes d’aciers électriques sont en service à Mardyck, près de Dunkerque, où l’effectif mobilisé atteint 200 personnes. Ces aciers entrent dans la fabrication des générateurs et des moteurs électriques. ArcelorMittal y consacre 500 millions d’euros et décrit cet outil industriel comme « un projet de croissance stratégique pour le groupe ». Bruno Ribo, directeur général d’ArcelorMittal France, y voit un moyen d’aider les clients du groupe à réduire leurs propres émissions.
Deux nouvelles lignes, un laminoir réversible et un recuit-décapage, composeront la deuxième phase. Leurs équipements sont en cours de finalisation et les premiers tests doivent se dérouler au printemps 2027. En Europe, ArcelorMittal ne fabrique ses aciers électriques que sur deux sites, tous deux français : Saint-Chély-d’Apcher (Lozère) et Mardyck, indique le groupe.
Une baisse de 27 % des émissions visée
Grâce à ce four, le groupe vise une diminution de 27 % des émissions de CO₂ du site de Dunkerque d’ici 2030, soit environ 2,3 millions de tonnes évitées chaque année, d’après le site de concertation du groupe. La nouvelle filière doit émettre environ 0,6 tonne de CO₂ pour chaque tonne d’acier produite, contre environ 1,7 tonne aujourd’hui, selon ce même site. ArcelorMittal évoque ainsi des émissions divisées par trois par rapport au haut-fourneau.
« On franchit la première étape d’ici mi-2029 », a déclaré Bruno Ribo, en évoquant le démarrage du four.