Pas en grande forme, la revitalisation de Gandrange. Un an après la venue du président de la République, Nicolas Sarkozy, le 4février 2008, l'avenir du site de Gandrange ne semble pas s'être éclairci. La fin d'une partie de l'activité du site d'Arcelor Mittal est prévue pour la fin mars. Du côté du géant de l'acier, les reclassements ont débuté. «Cela avait bien démarré, précise Marcel Thill, élu CFDT au comité d'entreprise du site. Mais depuis un mois et demi, la solidarité sur les sites d'accueil a chuté. Il y a beaucoup d'aller-retour de dossiers. Par contre cela se passe bien avec le Luxembourg». Avec la fermeture de l'aciérie le 31mars et du train à billettes en décembre, ce sont 575 salariés qui sont concernés. «En décembre, on en était à 75 reclassements, précise le représentant syndical. Mais même si la conjoncture joue, ils devront respecter le PSE et reclasser les salariés. Par contre pour les sous-traitants c'est plus compliqué. Certains ont eu des contrats avec d'autres sites voisins. Mais pour eux, la situation se traduira en pertes d'emplois sèches».
Accompagnement de la CCI
La CCI 57 doit accompagner une soixantaine d'entreprises pour tenter de les aider à traverser cette période délicate. Elle doit gérer l'enveloppe de près de 700.000€ débloquée par Arcelor Mittal (200k€), l'État (300k€) et la Région qui pourrait apporter 200.000euros. Quelque 200heures d'analyses doivent permettre de définir les points forts et les points faibles de ces entreprises mais aussi de tenter de cerner les marchés sur lesquels elles pourraient se diversifier. En revanche, les projets évoqués pour revitaliser le site semblent aussi avoir peu à peu perdu de l'ampleur. «Il y a eu de belles promesses et tout n'est pas négatif. Les travaux annoncés pour étendre les gammes de produits sur le laminoir à couronnes et barres ont commencé, souligne Marcel Thill. Mais le plan de redynamisation est loin de nos espérances. Les projets de centrale Powéo ont été abandonnés et l'atelier dédié aux panneaux solaires remplacés par un centre de fabrication de parois coupe-feu.» Mais c'est une autre annonce qui inquiète l'ensemble de la sidérurgie. «La grosse déception, c'est le fait que le centre d'apprentissage spécialisé dans la sidérurgie ne se fasse passe pas. On sait que le nombre de départ en retraite va être massif dans les prochaines années chez Arcelor Mittal. Il devait former 120 jeunes par ans. Au lieu de cela on va intégrer 20 jeunes dans un plan de formation. Ce ne sera pas suffisant pour le renouvellement et le transfert de compétences. C'est un signe majeur d'un manque de confiance».
Un an que le président de la République est venu à Gandrange. Une part du site ferme fin mars. Le point sur le plan de revitalisation.