ARaymond : L'innovation conduit l'excellence
# Industrie # Investissement

ARaymond : L'innovation conduit l'excellence

Fabricant de fixations en tous genres, minuscules pièces techniques indispensables dans les automobiles, ARaymond se diversifie grâce à l'innovation.

La cérémonie était très officielle en ce jour d'octobre dans les locaux de Saint-Égrève. Antoine Raymond, cinquième génération de dirigeants de l'entreprise grenobloise de fixations ARaymond, et Bernard Houte, dirigeant de la branche française, recevaient des mains de Jérôme Quilhot, directeur de la division Achats organes mécaniques de PSA Peugeot Citroën, le label de "Fournisseur majeur". Cette labellisation distingue, selon Jérôme Quilhot, «une relation privilégiée sur le long terme, avec des échanges renforcés» entre l'entreprise grenobloise et PSA Peugeot Citroën. Suite à la crise du secteur en 2008-2009, le constructeur automobile vise ainsi la constitution d'«une filière d'acteurs forts, pérennes et stables, une filière solide dans sa base avec un tissu industriel structuré». ARaymond est la 14e société à recevoir ce label. L'entreprise familiale grenobloise, fondée en 1865, fournit Peugeot et Citroën depuis près d'un siècle en fixations par clippage, par collage et dans la connectique des fluides.

De l'invention du bouton-pression aux pièces high-tech d'aujourd'hui, la société a toujours été menée par deux credos: l'excellence et l'innovation.




Un diamant... en pleine crise

Jérôme Quilhot rappelle ainsi qu'ARaymond a reçu l'an dernier le prix d'excellence qualité de PSA et cette année, sur les 350 à 450millions de pièces livrées, seulement un défaut par millier a été relevé! Bernard Houte, cogérant d'ARaymond SARL France, qui laissera la direction générale à Frédéric Perrot dans quelques mois, suggère qu'ARaymond est «un diamant dans un écrin favorable. Nous exerçons un métier rare: développer des solutions autour des problèmes de fixations. Le groupe est porté par six valeurs, la première étant le plaisir. C'est lui qui sous-tend tout le reste, tant en interne qu'en externe. Viennent ensuite le respect, la création de valeur, la collaboration, l'esprit d'entrepreneuriat et l'innovation.» Mais tout n'est pas rose pour autant chez cet industriel. L'automobile représente 90 à 95% de son chiffre d'affaires annuel mondial. À titre d'exemple, PSA représente 19% du chiffre d'affaire direct de la filiale française et 40% du chiffre global, à travers des sous-traitants. Ford est le premier client au niveau du groupe, devant Volkswagen et PSA. Autant dire que la crise de 2008-2009 qui a frappé le secteur a été fortement ressentie. «Nous avons perdu 50% de chiffre d'affaires en six mois, se souvient Bernard Houte. Nous avons alors réduit toutes les charges par deux, et avons réussi à maintenir nos effectifs, hormis les intérimaires, CDD et sous-traitants.» En 2011 la croissance est revenue, de 13% en France et 19% au niveau groupe. Octobre marque pourtant un nouveau trou d'air. «Quel en sera l'ampleur? La durée? Nous sommes à moins 10%, révèle Bernard Houte. Mais nous avons appris de la crise de 2008... Et nous continuons à sortir 150 à 200 nouveaux produits par an.» Ce qui soutient l'entreprise depuis ses origines, c'est bien l'innovation. «Au moins 6% de notre chiffre d'affaires groupe est destiné à l'innovation, affirme Antoine Raymond, 15% même dans certaines filières. Nous avons d'ailleurs investi cette année 6M€ dans un centre de recherche avancée à Saint-Louis (67) où une trentaine de chercheurs, majoritairement allemands, travaillent sur les produits, process, services, matières,etc. Le choix a été fait de rester en France pour le Crédit impôt recherche, mais d'être au coeur de l'Europe, à proximité immédiate de tous les grands moyens de transports... et loin des embouteillages grenoblois!» Le groupe cherche également depuis plusieurs années à se diversifier. «Nous continuons à être le leader dans l'automobile, certifie Antoine Raymond. Mais nous profitons de notre expertise dans les assemblages techniques pour nous développer sur de nouveaux marchés.»




Du bâtiment aux animaux

Ainsi sont nées des filiales dédiées à l'industrie, à la construction, aux énergies nouvelles, dont le photovoltaïque et l'éolien, mais aussi à l'agriculture avec, par exemple des attaches biodégradables pour plants de tomates. Plus surprenant encore, la filiale pharmaceutique ARaymond Life travaille pour la traçabilité des animaux avec des bagues capables de grandir avec l'animal! «D'ici à dix ans, la part du non-automobile devrait atteindre 20% de notre chiffre d'affaires, constate Antoine Raymond. À relativiser quand on sait que parallèlement de nouveaux marchés automobiles se développent.» Quoi qu'il en soit, l'entreprise reste profondément ancrée sur son territoire d'origine. Preuve en est le projet de coentreprise signé avec Radiall, devant aboutir à l'implantation d'une usine commune sur l'agglomération grenobloise début 2012. Mais surtout l'investissement de 35M€ en cours pour agrandir le site de Saint-Égrève de 55.0000m² pour créer, d'ici à 2013, un «campus industriel».

ARaymond network



(Grenoble) CEO: Antoine Raymond 4.500 personnes CA 2010: 735M€ www.araymond.com

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