Poietis : la fabrique de tissus vivants Fabriquer des tissus vivants en utilisant le principe de l'impression 3D. Un rêve ? Non une réalité grâce à Fabien Guillemot, un chercheur bordelais du laboratoire Biotis (Inserm/Bordeaux Segalen) qui travaille depuis 2006 sur les techniques dites de bio impression (bioprinting). Avec son équipe, il a mis au point une machine qui permet de fabriquer, grâce à des impulsions laser, des tissus biologiques à base de cellules souches. Depuis septembre 2014, Fabien Guillemot est devenu entrepreneur et a créé sa société, Poietis, installée sur le Bioparc, qui commercialise ces tissus. « Notre technologie s'adresse à deux marchés. À long terme, nous visons la greffe chirurgicale donc le marché clinique mais ce n'est pas avant une dizaine d'années. À plus court terme, les industries pharmaceutiques et cosmétiques pourraient être intéressées car elles pourraient utiliser l'impression de tissus vivants pour tester de nouvelles molécules ou de nouveaux médicaments. Cela remplacera les tests sur les animaux ou les cultures de cellules ce qui fera gagner du temps et de l'argent. »
Gazelle Tech : la voiture
en matériaux composites
Repenser entièrement la manière de concevoir un véhicule, c'est l'ambition de Gaël Lavaud qui a créé Gazelle Tech en septembre 2014. « Si vous voulez diminuer la consommation énergétique d'une voiture, vous avez deux possibilités : soit vous travaillez sur le moteur, soit vous travaillez sur le poids. C'est cette variable que j'ai décidé de changer. Des industries comme le nautisme ou l'aéronautique ont fait leur mutation et construisent des bateaux et des avions en matériaux composites. Mais l'industrie automobile, elle, en est restée à l'acier embouti. Mon ambition est de concevoir un véhicule en matériaux composites qui sera deux fois plus léger, environ 500 kg, qu'en véhicule classique, et qui consommera environ 3 litres aux 100 km. Il sera également plus facile à fabriquer car composé de nettement moins de pièces. » Pour avancer et sortir un prototype, Gaël Lavaud a besoin d'argent. Il est donc actuellement dans une démarche de levée de fonds. Il souhaite dans un premier temps lever 500.000 € pour financer la R & D. Le chef d'entreprise qui est hébergé au Campement à Darwin, espère ainsi pouvoir présenter une voiture dès 2017.
Sunna design : l'éclairage public solaire et solidaire
Créé en 2011 par Thomas Samuel, Sunna Design conçoit et commercialise des solutions d'éclairage public LED solaire dédiées aux pays émergents. La PME, implantée sur l'Ecoparc de Blanquefort, a levé 5,3 millions d'euros fin 2014, pour accélérer sa croissance. Elle éclaire déjà plus de 20 régions du monde sans accès au réseau électrique, principalement en Afrique.
Innoveox : le traitement des déchets révolutionnaire
Entrée en bourse en mai 2014, Innoveox est une start-up prometteuse dans le domaine du traitement des déchets industriels toxiques. Pionnière de l'Oxydation hydrothermale (OHT) en milieu supercritique, elle a mis au point un procédé qui permet de transformer des déchets industriels liquides dangereux (pyralène, huiles, solvants, pesticides, boues de station d'épuration, déchets complexes...) en eau propre à 99,9 % tout en produisant de l'énergie. La PME qui est dirigée par Jean-Christophe Lépine dispose d'un démonstrateur industriel installé à Arthez en Béarn, et a déjà signé plusieurs contrats. La technologie intéresse aussi bien les pétroliers que les chimistes, les raffineurs, les laboratoires pharmaceutiques et représente un marché potentiel de 9 milliards d'euros dans les années à venir. L'entreprise a récemment racheté une entreprise nantaise, Syneo, mettant ainsi un pied dans le secteur du nucléaire.
Olikrom : les pigments intelligents
Créé en octobre 2014 par Jean-François Letard, qui est également chercheur au CNRS, Olikrom est concepteur, producteur et intégrateur de pigments dits intelligents, qui peuvent changer de couleur en fonction de la lumière, de la température ou encore de la pression. Ces pigments peuvent être utilisés dans des peintures, des vernis, des matières plastiques etc... Les clients d'Olikrom sont donc clairement les industriels. Potentiellement tous les secteurs peuvent être intéressés : la sécurité, la décoration, le luxe, l'aéronautique, les éco-matériaux. La start-up qui vient d'effectuer une levée de fonds de 300.000€, espère rapidement passer à une production industrielle.
Fermentalg : l'avenir est dans les microalgues
Société de biotechnologies industrielles spécialisée dans la production d'huiles et de protéines issues des microalgues, Fermentalg a développé une technologie unique au monde : la production de microalgues par mixotrophie, qui active les deux métabolismes des microalgues en combinant l'effet de la lumière et de la fermentation, ce qui permet un rendement beaucoup plus important. « Nous prenons une microalgue, nous lui donnons à manger et 90 heures après, grâce à notre techno, nous obtenons 200 g de biomasse », se félicite Pierre Calleja, le fondateur. Ces huiles et protéines, notamment les acides gras EPA et DHA de la famille des Oméga3, sont ensuite destinées à être utilisées dans l'industrie agroalimentaire, la cosmétique, la chimie verte et aussi comme biocarburant. Fermentalg, qui a levé 40,4 millions d'euros en avril 2014 a posé en février la première pierre de son unité de production à Libourne. Un investissement de près de 20 millions d'euros, qui devrait être opérationnel dès fin 2015. L'entreprise qui emploie actuellement 60 personnes, devrait embaucher 20 personnes pour faire fonctionner l'usine. Elle espère atteindre l'équilibre financier d'ici à 4 ans, et à horizon 10 ans, quand l'unité sera totalement opérationnelle, atteindre les 400 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Bigarren Bizi : mieux valoriser les cartes électroniques
« L'Europe génère chaque année 500.000 tonnes de cartes électroniques obsolètes dont seulement 20 % sont recyclées. Le reste est le plus souvent enfoui ou envoyé illégalement en Inde ou en Afrique. Ces cartes contiennent pourtant de nombreux métaux à forte valeur ajoutée comme l'or, l'argent, le cuivre, le tantale, les terres rares, qui ont une valeur équivalente à quelques milliards d'euros ! » précise Stéphane Peys, le P-dg de Bigarren Bizi (seconde vie en basque). Fort de ce constat, il a mis au point un procédé breveté qui permet de broyer finement les constituants de ces cartes électroniques sans utilisation de produits chimiques, et d'en extraire mécaniquement des matières premières secondaires comme les métaux mais aussi des polymères et d'autres sous produits réutilisables par d'autres industriels. Une unité de production pilote est implantée à Cadaujac depuis septembre 2014. « Notre stratégie industrielle est de dupliquer de petites unités de traitement un peu partout en France, au plus proche des sources d'approvisionnement c'est-à-dire les centres de tri et de démantèlement des DEEE qui contiennent ces cartes. Nous sommes aussi en discussion avec les banques pour le recyclage des cartes bancaires, les datacenters, les industriels de l'aéronautique. Tous ces gens ont des obligations réglementaires de recycler ces déchets ». Le chef d'entreprise projette ainsi l'ouverture de sept usines en France à l'horizon 2020 et ambitionne un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros.
Exoes : la récupération de chaleur pour polluer moins
Créée en 2009 par Arnaud Desrentes, Exoes est une jeune entreprise innovante qui travaille sur la récupération de chaleur à l'échappement, une technologie destinée à l industriel automobile notamment. « Seulement 33 % du carburant consommé est utilisé pour déplacer un véhicule, explique le site internet de l'entreprise. Les 67 % restants sont perdus sous forme de chaleur entre le système de refroidissement et les gaz d'échappement. » La technologie EVE développée par Exoes consiste à récupérer la chaleur à l'échappement des véhicules ce qui permet de réduire la consommation de carburant et donc de moins polluer. En mai 2014, la PME a réalisé une levée de fonds de 2 millions d'euros pour son développement commercial.
Bioimpression de tissus vivants, pigments intelligents, production de microalgues pour l'industrie agroalimentaire... L'Aquitaine compte quelques belles pépites en matière d'innovation. Revue non exhaustive de ces entrepreneurs aquitains qui innovent pour demain.