Après le grand export, la société Orme vise l'Europe
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Après le grand export, la société Orme vise l'Europe

Orme s'étend dans le monde avec ses deux logiciels et se diversifie à Toulouse avec un détecteur de chute.

À l'international, Orme, petite société labégeoise de 17 collaborateurs, y est allée à l'envers. Armée de ses deux logiciels, le premier qui analyse les mouvements à partir de vidéos, le second qui analyse des données et génère automatiquement des rapports d'essais, Orme a commencé par attaquer le marché indien il y a quelques années, puis les Etats-Unis et la Chine.

Bientôt 30 % du CA à l'export

Les raisons : en 2009, le marché automobile était en crise en Europe. Aujourd'hui, sur 1 million d'euros de chiffre d'affaires, elle en réalise 20 % à l'international - 30 % en 2017. Expert sur le segment du crash test, Orme s'est fait un nom dans de lointains pays, en Inde donc où la PME a un distributeur et des clients renommés (ARAI, Maruti-Suzuki, Brakes India), aux Etats-Unis avec deux distributeurs (son premier marché en terme de chiffre d'affaires, avec un secteur automobile qui a redécollé), en Chine avec deux distributeurs dans l'automobile et l'aéronautique, au Japon avec un distributeur.

Depuis 2015, c'est le continent européen qui est en ligne de mire. Orme est présent via un distributeur au Royaume-Uni, en Allemagne et au Benelux, et en direct en Italie. « Notre objectif est de poursuivre notre conquête en Europe, renforcer nos actions commerciales, sans oublier les Etats-Unis qui reste notre plus gros marché », souligne Luc Oriat, cofondateur et cogérant d'Orme. Si ces deux logiciels représentent la moitié de l'activité d'Orme, l'autre moitié est dédiée à des activités de R&D, des développements d'algorithmes et de logiciels sur mesure. Avec une présence très transversale : aéronautique (Airbus, Cnes, Safran, Zodiac Seats...) qui représente 57 %, l'automobile (PSA, Renaut, Valeo...), le ferroviaire (RATP, Tisseo), la cosmétique (L'Oréal), l'énergie (CEA, EDF...), la défense (DGA, MBDA), les matériaux (Saint Gobain).

« En plein décollage »

En pleine croissance, c'est la première fois que la petite société embauche trois personnes la même année. « Pour nous, les années 2016, 2017 et 2018 correspondent à un vrai tournant, assure Luc Oriat. Nous sommes en plein décollage. » L'équipe va d'ailleurs déménager fin juin, trop à l'étroit dans ses locaux actuels. Direction un petit bâtiment toujours à Labège, acheté par Orme (le compromis a été signé en mars).

Projet de création de filiale pour le détecteur de chute

Autre signe de maturité, une diversification en cours dans le secteur de la e-santé. Sur demande de directeurs d'Ehpads, Orme a développé un détecteur de chute, sous forme de scanner 3D qui analyse les mouvements en temps réel et alerte en cas de chute. « La première version est en évaluation dans un Ehpad de Sainte-Foy-d'Aigrefeuille, 15 chambres ont été équipées et 100 % des chutes ont été détectées », commente Luc Oriat. Des discussions sont en cours avec le gestionnaire d'Ehpad Domusvi pour référencer cet outil, dont la R&D a été financée en partie par la Région et dont la commercialisation est soutenue par Business Success Initiative (BSI), créée par des membres d'Aerospace Valley.

La PME cherche actuellement des partenaires pour la distribution auprès des Ehpad. « Nous nous basons sur un segment haut-de-gamme, ce capteur de chute sera vendu autour de 800 euros. » En prévision de ce marché que le gérant qualifie d'«énorme », une filiale dédiée devrait être créée d'ici à la fin de l'année.

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