Voilà plus de 15 ans qu'élus et décideurs locaux lui vouaient une fidélité sans faille. En 2008, on annonçait qu'elle serait construite en 2014. Elle, c'est la fameuse Rocade Nord. Ou plutôt c'était. Au printemps dernier déjà, la commission d'enquête avait rendu un avis défavorable avec un argument choc: elle ne réduirait pas le trafic automobile... ?Horreur, malheur? avaient alors crié ses partisans. Pour eux, cet investissement de 600M€ était encore INDISPENSABLE pour faire sauter les bouchons grenoblois. Mais, depuis cet automne, les vestes se sont retournées. D'un coup de baguette magique, les élus se sont approprié une nouvelle expression: ?les solutions post-rocade ?. Marc Baïetto, président de la Métro, a donné le ton dès sa conférence de rentrée en parlant de «l'exemple malheureux de la Rocade Nord. N'est-ce pas idiot de dépenser un tiers des budgets pour résoudre le problème des heures de pointe!» Résigné, André Vallini, le président du Département, en parle au passé: «Je pense que la majorité des Isérois étaient pour, tout en se disant que ce n'était pas la solution idéale». Le Conseil général de l'Isère a même organisé une concertation avec le peuple pour recueillir des propositions de rechange, «des solutions post-rocade». Il semble que va reprendre la valse des «pour une autre rocade», des «contre», des partisans des transports en commun, des défenseurs des «horaires décalés», etc. Avec la vague impression qu'au final, on gardera bien nos bouchons. @email
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