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APM : La théorie de l'évolution appliquée à l'entreprise
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APM : La théorie de l'évolution appliquée à l'entreprise

Devant les trois clubs APM (association progrès du management) de Rouen réunis, le paléoanthropologue Pascal Picq a fait l'éloge de «la stratégie du changement».

«Le club APM, c'est de l'oxygène pour s'aérer les neurones», résume Patrick Vuillet, l'animateur du club «Rouen Partage et Progrès» présidée par Ghislaine Laugeois. Mission accomplie avec l'intervention devant les trois clubs rouennais réunis au château de Saint-Denis-le-Thibous de Pascal Picq, paléoanthropologue de son état, maître de conférence au Collège de France.




Un schéma universel

Auteur de «Il était une fois la paléoanthropologie»*, Pascal Picq a entrepris devant la cinquantaine de chefs d'entreprises un parallèle audacieux entre la théorie de l'évolution développée par Charles Darwin et la stratégie du changement qui doit guider les pas de chaque dirigeant: «la théorie de l'évolution, c'est la stratégie du changement appliquée à la nature!» Une stratégie qui répond à un schéma universel, explique le scientifique «valable pour toutes les espèces, y compris les entreprises» et qui prend en compte pour des entités de toute nature l'obligation de se développer dans un cadre de ressources limitées. Et la sélection naturelle fait le reste... Appliquée à la société française, la théorie révèle, selon Pascal Picq «un déficit d'esprit d'entreprise» conditionné par une forte culture d'ingénieur «qui est bonne pour faire évoluer les filières existantes mais très mauvaise pour en faire émerger de nouvelles»! «On forme nos élites à faire carrière dans des grandes structures, même dans les écoles de commerce type HEC, explique-t-il».




«On meurt de ses points forts!»

Résultat des courses, «il n'y a pas de diversité des élites alors même que la clé de l'évolution, c'est la diversité». Une situation qui ne favorise pas l'innovation, au sens Darwinien du terme, explique Pascal Picq, «celle qui permet de faire émerger ce qui peut être performant lorsque l'environnement change». Bref, une culture de la norme qui n'est pas sans danger pour les hommes comme pour les entreprises, prévient le chercheur, «car dans l'évolution, on meurt toujours de ses points forts!»



Guillaume Ducable




*Editions Odile Jacob

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