Fondée en 1977 à Carcassonne (Aude), Antoli (30 salariés, CA 2024 : 5 M€) a pris un virage décisif en 2021 en étant reprise par Georges Moreira, ancien directeur général d’un acteur majeur de l’impression d’étiquettes. L’entreprise, qui conçoit et imprime des supports de communication pour des secteurs variés tels que l’agroalimentaire, la cosmétique ou les banques, s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire en levant 3 millions d’euros auprès du fonds d’investissement parisien Generis Capital.
Grandir dans un marché en concentration
Ce financement permettra à Antoli, dès le début d’année 2025, d’engager une dynamique de croissance externe. Après avoir ouvert des pourparlers avec une entreprise barcelonaise, qui n’ont pas abouti, l’imprimeur a déjà identifié de 2 à 3 autres cibles, chacune opérant dans sa spécialité en réalisant un chiffre d’affaires moyen de 7 à 8 millions d’euros. L’ambition d’Antoli, renforcée par l’acquisition de ces structures, est de porter son propre chiffre d’affaires à 20 ou 30 millions d’euros en trois ans. "Notre marché connaît une forte concentration en amont chez les fournisseurs. Dans ce contexte, trouver des synergies entre usines est compliqué car cela suppose de multiplier les investissements. Nous avons donc choisi d’accélérer nos acquisitions pour augmenter notre offre, en nous renforçant sur des segments tels que le packaging, les étuis ou le labeur (brochures, flyers, etc. – NDLR)", résume Georges Moreira.
Un nouveau cycle de modernisation
Le plan de transformation engagé en 2021 avait déjà nécessité un premier investissement de 3 millions d’euros pour moderniser le parc machines, installer un système de contrôle qualité embarqué, augmenter la productivité, et se diversifier vers le packaging : la part de cette activité dans le chiffre d’affaires est ainsi passée de 1 à 40 %. Initialement programmée sur trois ans, cette phase de modernisation a été bouclée en deux ans seulement. Antoli dispose désormais d’une ligne dédiée au packaging, et d’une deuxième ligne utilisée pour le labeur et l’édition de luxe. "Il reste un autre investissement à réaliser pour robotiser certaines chaînes, sur des fonctions de manutention principalement. C’est un des leviers possibles pour réduire les prix de revient et rester concurrentiel", évalue Georges Moreira.
De fortes ambitions dans le luxe
Antoli se spécialise dans les petites et moyennes séries, de 5 000 à 500 000 étuis, là où les grands faiseurs du secteur en produisent des millions. Ce savoir-faire lui a permis, depuis les origines, de gagner en renommée dans l’impression haut de gamme – une tendance qu’elle veut approfondir encore dans le cadre de sa nouvelle stratégie. Si des secteurs comme la cosmétique et la parapharmacie vont continuer à se développer dans le portefeuille d’Antoli, de gros efforts seront menés "pour aller chercher les grands noms du luxe et les malletiers", selon Georges Moreira.
Le nécessaire pari de la RSE
Enfin, l’imprimeur audois poursuit également sa transformation sur le plan de la RSE. En trois ans, il a réduit sa consommation énergétique de 40 % en adaptant ses bâtiments (2 500 m2), ou encore décroché le label durable PSO (Process Standard Offset) exigé pour travailler à l’export. "Nous avons d’autres chantiers ouverts pour engager une démarche RSE encore plus poussée en 2025. Nous voulons aussi, plus largement, travailler sur les certifications ISO pour l’ensemble de nos process et procédés. Nous avons par exemple réduit le nombre des non-conformités internes et externes de 150 en 2021 à moins de 25 aujourd’hui. C’est un gage supplémentaire de qualité pour l’avenir", promet le dirigeant.