Ansamble : Le groupe doit être cédé dans un mois
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Ansamble : Le groupe doit être cédé dans un mois

Restauration collective D'ici à cinq semaines, Bercy aura donné son feu vert quant à la reprise du groupe vannetais Ansamble par le géant français Elior.

L'étude officielle du ministère de l'Économie et des Finances a débuté le 2avril. Il faudra cinq semaines à Bercy pour décider de la validité du rapprochement entre Elior (85.000 personnes, 4,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires) et Ansamble (2.300 personnes, 160 millions d'euros de chiffre d'affaires). «Pour savoir si à elles deux, les entreprises ne créent pas une distorsion de concurrence, une position dominante du marché», explique René Lancien, président d'Ansamble, qui a bon espoir. Sur le marché de la restauration collective et d'entreprise, Elior et Ansamble devraient alors peser 1,8milliard d'euros de chiffre d'affaires. Se plaçant ainsi second, derrière Sodexo (2,2milliard d'euros) et devant Compass Group (1,2milliard d'euros).




Mutualisation

Avec ce rachat, c'est un centre de décision important qui quitte la Bretagne. Depuis l'indiscrétion qui a filtré sur la reprise du groupe Ansamble par Elior début mars, c'est une course de vitesse qu'effectue René Lancien. Pour expliquer et rassurer salariés, clients et fournisseurs sur la transmission de l'entreprise qu'il a créé en 1978. «J'ai 61 ans, je n'ai trouvé aucune solution en interne pour reprendre le groupe», raconte René Lancien. «Il fallait que j'anticipe. Pour ne pas continuer seul encore trois à quatre ans. Et ainsi permettre à l'entreprise de poursuivre son développement». Faisant partie des 110 entreprises du pays de Vannes potentiellement à reprendre (lire aussi page6), Ansamble a choisi de s'adosser à un géant. «Je reste engagé en tant qu'administrateur», assure René Lancien. Le directeur général, Jean-Yves Fontaine reste aux commandes. Le groupe sera alors présidé par Pierre Von Essen, également président de la branche Elior Entreprises. «L'avantage, c'est qu'Ansamble bénéficiera d'une mutualisation de compétences sur le back office. Là où nous consommions aujourd'hui beaucoup d'énergie».




«Même code ADN»

Pour ses collaborateurs, dont René Lancien mesure le niveau d'employabilité, ce rapprochement devrait offrir de nouvelles perspectives d'évolutions. «Avec des possibilités plus importantes qu'aujourd'hui», précise-t-il, se remémorant avec fierté comment il a transformé une entreprise de trois salariés en un groupe de 2.300 personnes depuis Vannes. La récente augmentation d'1,10 euro de l'heure pour ses agents de maîtrise décidée par le syndicat national de la restauration collective (SNRC) et les syndicats de salariés aurait-elle pesé dans la balance ? René Lancien écarte cette thèse : «Le métier s'est professionnalisé. Les contraintes sont celles des gouvernements successifs qui changent les règles du jeu au cours de la partie». Surtout, le plan nutrition santé l'oblige aussi à répondre à un cahier des charges strict en matière de salaires, d'approvisionnement et d'hygiène. Satisfait de l'engagement pris avec Elior, René Lancien y a également découvert depuis un mois «des similitudes dans le code ADN». Le président fondateur, Robert Zolade, qui a créé Elior en 1991, détient encore 25% du capital.

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