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"Angers French Tech va fusionner avec Angers Technopole en 2025"
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"Angers French Tech va fusionner avec Angers Technopole en 2025"

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Corine Busson-Benhammou, directrice d’Angers French Tech depuis octobre 2021, va quitter la direction de la structure de soutien à l’innovation numérique pour co-présider celle de Miami (États-Unis). Elle invite les start-up françaises à y tenter leur chance, et annonce du changement dans les structures angevines.

Corine Busson-Benhammou, directrice d’Angers French Tech, quittera ses fonctions le 31 décembre 2024 pour développer la French Tech de Miami — Photo : DR

Au moment où vous quittez Angers French Tech, que retenez-vous du chemin parcouru ?

J’ai été à l’origine de la création d’Angers French Tech il y a neuf ans (nous fêterons les dix ans en juin 2025), et je l’ai dirigé pendant trois ans. Nous avons réussi à fédérer les start-up du territoire, à les aider dans leur croissance, sur l’internationalisation, les mises en relation pour les financements. C’est le nerf de la guerre. Aujourd’hui, notre carnet d’adresses est très riche. Il n’y avait qu’une trentaine de start-up à Angers il y a dix ans et aujourd’hui, je ne saurai dire combien elles sont, tellement il en existe. C’est le fruit d’un soutien collectif de l’écosystème : Angers Technopole, la CCI, Angers Loire Développement, Angers Loire Métropole, etc. Quand je vois l'opérateur de vélos partagés Pony qui lève 23 millions d’euros, on peut être fiers de ce qu’on a fait, c’est l’une des premières start-up que nous avons accompagnées.

Comment se passera la suite pour Angers French Tech, après votre départ ?

Contractuellement, je travaille pour Angers French Tech jusqu'au 31 décembre, mais je partagerai mon temps puisque je rejoins Miami dans quelques semaines. En fait, la coopérative Angers French Tech va mettre un terme à ses activités. À partir de 2025, une nouvelle structure juridique va naître de l'alliance d'Angers French Tech et d'Angers Technopole. Cette dernière épaule les start-up dans les premières étapes de leur développement, tandis que nous soutenons les start-up en forte croissance et pour des projets à l'international. Cette alliance est la meilleure solution pour conduire le paquebot de l'innovation.

"On peut trouver à Miami des financements exceptionnels pour les start-up françaises."

Vous démarrez à Miami. Cela va vous changer d’écosystème ?

Oui, c’est radicalement différent d’Angers. L’agglomération compte 6 millions d’habitants, la communauté française environ 50 000 personnes. Les secteurs économiques forts sont l’aérospatiale, la green tech, en particulier toutes les entreprises impliquées sur le changement climatique (la montée des eaux d’ici quelques décennies étant une réelle préoccupation en Floride), et enfin le luxe, très présent. L’activité y est débordante. La ville est restée ouverte pendant le Covid, beaucoup d’entrepreneurs y sont venus et n’en sont pas repartis.

Est-il illusoire de penser que des liens subsisteront avec Angers ?

Non, ce n’est pas illusoire ! D’abord parce que le positionnement de Miami autour de la Green tech et des start-up n'est pas éloigné de celui de l'Anjou. Des passerelles peuvent se créer. Par ailleurs, mon cœur restera toujours à Angers, et j’aiderai toutes les start-up qui me contacteront. D’ailleurs, je consacrerai 20 % de mon temps à Stif, qui a signé avec Tesla et construit une usine au Texas. La R & D doit rester en France, mais une start-up ne pourra se développer largement que si elle s’internationalise. On peut trouver à Miami des financements exceptionnels pour les start-up qui veulent tenter leur chance. Miami est un pont vers les Amériques, du Nord mais aussi du Sud.

Votre action en faveur de la féminisation dans la Tech sera-t-elle mise en veille ?

Non, la fondation Connected Women que j’ai créée sera toujours basée à Angers mais va se développer à Miami. En Europe, ça n’avance pas, c’est trop lent. Sur un salon international lié à l’innovation, on a moins de 10 % de femmes sur 120 000 visiteurs. Les États-Unis sont beaucoup plus dynamiques que la France sur ces questions. Les entreprises ont compris que ce combat sert aussi bien la société que leur image. Les moyens mis en œuvre sont beaucoup plus importants, il y a une volonté indéniable. J’espère pouvoir faire bouger les choses depuis les États-Unis, par exemple lever des fonds pour que des jeunes filles puissent accéder à des écoles d’ingénieur.

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