C’est en 2010 que l’ancien patron de Ravel Orthomédic, Alain Barth, a commencé à évoquer l’avenir de son entreprise, spécialisée dans la fabrication de grand et de petit appareillage orthopédique : « Il a alors rassemblé un groupe de collaborateurs en interne, qui devaient ensemble préparer la reprise », se souvient David Béthune. Orthoprothésiste de formation, ce dernier est entré en bas de l’échelle chez Ravel Orthomédic, avant de gravir les échelons pour devenir directeur adjoint de l’entreprise en 2015 : « Les collaborateurs qui devaient reprendre se sont éparpillés et j’ai alors pris ma décision : c’est dans un courrier que j’ai indiqué vouloir prendre le relais », détaille David Béthune. Bien encadré par les services de la CCI, le futur patron de Ravel Orthomédic prépare son dossier, rempli les formalités et passe l’épreuve du financement avec succès : « Sur cinq banques sollicitées, quatre ont accepté le projet », assure David Béthune.
Face à des grands groupes
Connaissance du marché, connaissance de l’entreprise, l’expérience de l’adjoint en fait un capitaine évident : « Mais c’est un groupe qui a failli emporter la mise », souligne David Béthune. « Mais mon projet est plus respectueux de l’histoire de l’entreprise et de ses salariés ». Officiellement propriétaire de 100 % du capital de la société depuis le 17 mai, David Béthune entend bien développer Ravel Orthomédic : « Nous allons commencer par redynamiser le secteur des Vosges, où nous aurons un nouveau magasin dès le 1erjuillet ». Plus au Nord, à Metz, David Béthune va dédier un commercial pour soigner la visibilité de Ravel dans le monde médical : « Nous allons donc renforcer notre maillage en Lorraine. »
Embauchant vingt personnes pour un chiffre d’affaires de 2,5 millions d'euros, Ravel Orthomédic fait face, sur le bassin nancéien, à deux poids lourds de l’orthopédie : le nº1 mondial et le nº1 Français. « On compte 190 entreprises sur le territoire français, pour environ 2.500 salariés », souligne David Béthune. Une profession resserrée, qui a pourtant su investir : les nouveaux outils d’acquisition numérique permettent par exemple d’obtenir une vue en 3D d’un patient pour ensuite préparer une prothèse. « Il y a une grosse part de travail manuel dans notre métier », précise David Béthune. « Tous nos produits sont fabriqués sur-mesure, à la main, et doivent permettre aux patients de retrouver une vie normale. »
Opérant entre la Sécu, qui paye à 100 % l’appareillage, le médecin, qui va préconiser, et le patient, qui va utiliser le dispositif, Ravel Orthomédic réalise 90 % de son chiffre dans des appareillages conséquents. Le reste du chiffre est réalisé dans la vente de matériel médical ainsi que des petites prothèses.