De 2001 à aujourd'hui, la croissance moyenne du chiffre d'affaires annuel d'Anaveo est de 26,8%, tandis que celle du résultat d'exploitation atteint 46,5%. Des performances remarquables, qui sont le résultat d'un positionnement fort sur le marché de la vidéosurveillance. Anaveo, née de l'acquisition de plusieurs entreprises spécialisées sur ce domaine - CST en 2001, Picsys en 2002, T2M en 2003 et Digital Vision en 2004 -, est devenue leader sur ce marché en France en fusionnant ces entités, en 2005. «Le métier était en devenir en 2001, se souvient Paul Surand, son fondateur et président du conseil de surveillance. Il fallait des effets volumes pour sortir des prix et des technologies adaptés au marché.» L'entreprise s'est livrée une course aux chiffres, avec une obsession: la rentabilité.
Des coûts optimisés
«Nous vendons au prix où beaucoup de nos concurrents achètent, avance le dirigeant. C'est ce qui fait notre succès. Nous avons passé le seuil critique juste avant la crise, au bon moment!» Car, depuis 2008-2009, le marché a flanché: les clients finaux ont réduit leurs investissements, réduisant ainsi la part du gâteau. Pour conserver leurs parts de marché, les fournisseurs se livrent une guerre des prix encore plus acharnée, tandis que les clients, en situation de force, négocient des tarifs toujours plus serrés... Anaveo a donc retravaillé l'optimisation de ses prix de revient ainsi que des services pour s'adapter à cette problématique et proposer «une offre percutante tout en gardant un niveau de marge». L'entreprise fabrique le «coeur du système», c'est-à-dire la gestion d'image, et conçoit toute l'électronique et les logiciels des systèmes de vidéosurveillance. L'assemblage avec les cartes électroniques est réalisé à Champagne-au-Mont-d'Or. Les dômes et les caméras sont fabriqués en sous-traitance, sur cahier des charges d'Anaveo. Cette dernière dispose de neuf agences réparties en France, pour garantir une intervention rapide de ses équipes, les agences fonctionnant comme des mini-centres de profit, avec des compétences administratives, commerciales et techniques.
L'atout innovation
L'un des points forts de l'entreprise tient à sa capacité d'innovation: avec 6 à 7% du chiffre d'affaires investis dans la R & D tous les ans, le groupe est en phase avec les révolutions techniques permanentes guidées par des processeurs toujours plus rapides et des capacités de mémoire toujours plus grandes. Après l'arrivée de la haute définition dans la vidéosurveillance en 2007, 2010 est l'année de la ?vidéosurveillance intelligente?. «C'est une solution d'avenir. Ces produits sont capables d'analyser l'image pour en tirer des conséquences», explique Paul Surand. Cela permet par exemple de détecter des personnes de jour comme de nuit, et d'enchaîner des scénarios prédéfinis (connexion au service de télésurveillance, envoi de SMS,etc.), ou encore d'identifier des objets immobiles (tels que des colis abandonnés) qui ne collent pas avec l'image de référence,etc. Au-delà de l'argument technologique, Paul Surand souligne l'aspect économique de ce type de produits, qui permettent de faire l'économie de personnel de garde pour la sécurité. Les communes et entreprises en seraient friandes.
Projet en Chine
L'international constitue un nouvel axe de développement, tant parce que l'entreprise en a la maturité que pour contrebalancer la crise. «Les années à venir seront difficiles en Europe historique, constate Paul Surand, sans se voiler la face. Nous allons donc à l'international avec plaisir.» Anaveo vient d'ouvrir des bureaux commerciaux et techniques en Espagne et en Pologne et est en pourparlers en Chine. Il s'agit souvent de répondre à la demande de gros clients qui sont présents sur place.«Les grands fabricants mondiaux sont en Chine. Si nous arrivons à vendre en Chine, cela voudra dire que l'on apporte vraiment quelque chose!» Anaveo devrait ouvrir d'autres pays en 2011.
Le leader national de la vidéosurveillance, implanté à Champagne-au-Mont-d'Or, a adopté une stratégie offensive pour pallier les effets de la crise. Innovations et déploiement à l'international lui permettent de maintenir un rythme de croissance soutenu.
Claire Pourprix