Un investissement de 700 000 € pour entamer le changement de dimension. En équipant son site de Muizon, dans la Marne, de nouvelles machines à commandes numériques, A.M.P.I. valide son ticket d’entrée sur des secteurs stratégiques. Équipée de centres d’usinage sur cinq axes et de systèmes de contrôle laser de dernière génération, la PME de 160 salariés pour près de 17 millions d’euros de chiffre d’affaires, opérant dans la maintenance et l’usinage industriel, est désormais calibrée pour produire des pièces complexes destinées à la Défense et au nucléaire civil.
De gros donneurs d’ordres s’intéressent à A.M.P.I.
Ce premier investissement, né de demandes du secteur de la Défense, sera complété d’un second, de deux millions d’euros prochainement. "Nous avons de plus en plus de demandes, que ce soit dans le nucléaire ou dans l’armement", détaille le PDG, David Dufour. Des groupes comme Orano, Siemens, Safran ou Thales "commencent à venir vers nous", confirme le Marnais, qui a déjà racheté le terrain attenant à son site, soit 5 000 m² supplémentaires pour doubler la superficie de production. Le futur bâtiment intégrera récupération des eaux pluviales et panneaux solaires, visant une quasi-autonomie énergétique. "Nous allons être quasiment autonomes pour alimenter nos machines", se félicite le dirigeant d’A.M.P.I.
Un chiffre d’affaires qui continue de progresser
Le dynamisme de l’entreprise de Muizon est d’autant plus impressionnant que la croissance a été rapide. En 2016, David Dufour, responsable maintenance, dans le métier depuis une trentaine d’années, en a eu assez de son boulot à Paris : "Il est rentré et m’a dit qu’il allait créer son entreprise", témoigne Catherine Rachedi, son épouse, 25 ans de carrière dont neuf comme DSI. Elle a rejoint l’aventure familiale en 2022 en tant que directrice générale. D’abord parti comme auto-entrepreneur, en décembre 2016, David Dufour s’est lancé en SAS six mois plus tard. "Il est parti tout seul avec sa caisse à outils et sa voiture", retrace son épouse. Presque dix ans plus tard, le dirigeant a racheté deux entreprises, emploie 160 collaborateurs, "dont 50 % sont domiciliés en Champagne" et A.M.P.I affiche 16,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, un chiffre qui "continue de progresser".
La filière champagne, un marché difficile à pénétrer
Sa réussite s’appuie sur des clients fidèles dans l’agroalimentaire, soit 65 % du chiffre d'affaires consolidé. Parmi les donneurs d’ordres figurent de grands noms de la boulangerie industrielle et de la nutrition animale, mais aussi des acteurs du traitement des eaux comme Suez ou Veolia, ainsi qu’ADM, implanté à Bazancourt. "On aimerait toucher un peu plus la filière champagne", reprend David Dufour. "Nous avons bien fait quelques prestations pour MHCS, mais, paradoxalement, c’est un marché difficile à pénétrer." Alors qu’A.M.P.I. rayonne partout en France et dans les pays limitrophes grâce à un réseau d’agents et de techniciens itinérants. En attendant, l’armement et le nucléaire remplissent le carnet de commandes de la PME marnaise.
Des besoins perpétuels de recrutement
Cette croissance s’accompagne de besoins "perpétuels" en recrutement, qui posent un peu moins de difficultés au groupe que d’autres entreprises industrielles. "Depuis le début de l’entreprise, je me suis dit qu’on ne ferait pas une entreprise pour gagner de l’argent, mais pour que tout le monde gagne de l’argent", souligne David Dufour. qui évoque des "salaires attractifs" pour conserver son personnel.
Actuellement, "nous recrutons tous les corps de métier liés à la maintenance et à la fabrication", reprend Catherine Rachedi. "Techniciens de maintenance, usiniers fraiseurs, métalliers soudeurs, ou encore chaudronniers" Trois fils parmi les quatre enfants du couple de dirigeants font partie de leurs entreprises. Reprendront-ils ? David Dufour n’en est pas convaincu. "Je préfère faire autre chose avec eux", tranche le dirigeant. D’autant qu’A.M.P.I. est "approchée par des groupes industriels pour un rachat potentiel", dévoile David Dufour. "Nous ne sommes pas fermés, nous verrons dans quelques années."