Amada : Le site d'Auffay investit malgré la crise
# Industrie # Investissement

Amada : Le site d'Auffay investit malgré la crise

Le site normand du groupe japonais investit près de 500.000€ chaque année dans le renouvellement de son parc machines. Une nécessité, a fortiori en pleine crise, pour résister face à une concurrence de plus en plus rude.

Avec ses deux milliards de chiffre d'affaires et ses quelque 6.500 salariés dans le monde, le groupe Japonais Amada campe fermement sur sa position de numéro2 mondial dans la fabrication de machines outils destinées au travail de la tôle. Un groupe qui possède cinq sites de production en Europe dont trois en France. Survivance du rachat en 1989 du spécialiste français du pliage, Promecame, présent à Charleville Mézières et à Château du Loir et d'une entreprise familiale installée à Auffay, près de Tôtes, depuis 1980.




De la cuisine aux ailes d'avions

«Les produits élaborés à partir de la tôle se retrouvent aussi bien dans une cuisine que dans un ordinateur, un ascenseur ou des ailes d'avion», explique le directeur général de Amada SA Gilles Bajolet. «Nous, nous faisons toutes les machines qui permettent de fabriquer ces produits!» Des machines de haute technologie et de précision qui sortent des unités de l'ex-Promecame (presses plieuses dans la Sarthe et poinçonneuses dans les Ardennes). En Normandie, Amada fabrique des outils destinés à équiper des poinçonneuses. «Nos clients sont dans l'électroménager, l'électronique, la climatisation, l'industrie ferroviaire ou naval», cite en exemple le directeur de l'usine d'Auffay, Philippe Delamotte. Un site qui revendique en moyenne près de 500.000€ d'investissements annuels pour le renforcement de son parc machines (et même 800.000€ en 2012). Seule méthode réellement efficace «avec la technicité de nos équipes pour trouver des gains de productivité», estime le dirigeant.

Son chiffre d'affaires, la branche normande du groupe japonais le réalise à près de 60% à l'export, principalement dans les frontières de l'Union Européenne (20% pour la seule Allemagne) ainsi qu'au Maghreb et en Égypte.




Le choc de 2009

Le site, qui a accusé le coup en 2009, perdant 50% de son activité en moins de six mois -après avoir réalisé une année record!- est depuis en phase de reconquête, admet Philippe Delamotte. Une étape difficile dans un marché qui s'est tendu: «notre marché, c'est celui de la première monte, tant en machines qu'en outillages», hors les investissements des industriels sont en berne depuis quelques années. Alors dans un contexte défavorable, le groupe a suivi la voie la plus évidente: s'adapter à ses clients. «Dans l'électroménager, notamment, on a cherché depuis quelque temps à diminuer le poids des produits fabriqués en Asie et distribués en Europe pour réduire les coûts de transport». Des process qui ont remis au goût du jour les atouts de la tôlerie. «C'est là que nous avons retrouvé du business», explique simplement le dirigeant. La demande en outil de poinçonnage est remontée, notamment en France «où l'on estime le parc machine à près de 900 unités». Aujourd'hui, les volumes sont revenus, mais pas au niveau de 2008, rappelle Philippe Delamotte.




«On reste une PME française!»

Cette reprise du marché, Gilles Bajolet la confirme: «globalement, le marché de la machine pour la tôlerie est en forte expansion en Europe depuis 1995. Cela peut paraître paradoxal, mais on remplace beaucoup d'objet plastique par l'emploi de méthodes traditionnelles d'usinage». Quant à la question de savoir si l'appartenance à un groupe japonais aura été un atout dans la compétition mondiale, le directeur général d'Amada SA ne prend pas de détours: «Amada est un groupe qui a une vision sur le long terme et sans son appui on n'aurait pas pu survivre avec l'écroulement des ventes de 2009!» Pendant ce temps, à Auffay, si Philippe Delamotte reconnaît que les liens se sont «resserrés», il insiste quand même: «on reste une PME française!»





Guillaume Ducable

Amada
(Auffay) -Dir. site: P.Delamotte -Effectif: 50 -CA 2011: 6,5M€ -www.amada.fr

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