Alstom : La branche transport dans de la Soie
# Industrie

Alstom : La branche transport dans de la Soie

Electronique. Les 800 salariés de la branche Transport de Alstom resteront à Villeurbanne, au Carré de Soie, dans le quatrième pôle d'affaires de la Métropole. Ici les ouvriers fabriquent au rez-de-chaussée des microprocesseurs que les ingénieurs ont conçu dans les étages.

Alors que Alstom passe ces jours-ci sous le giron de General Electric, Alstom Transport restera français. Et réaffirme son ancrage au Carré de Soie, à Villeurbanne, en déménageant à quelques mètres de l'ancienne usine, dans un bâtiment HQE de 37.000m² baptisé Epsilon et inauguré fin septembre, au coeur de ce qui est désormais le quatrième quartier d'affaires de la Métropole de Lyon. Le projet immobilier de 100M? porté par le promoteur lyonnais DCB International a été financé par ANF Immobilier (65 %), la Caisse d'Épargne Rhône-Alpes (30 %) et dans une moindre mesure DCB (5 %). Epsilon sera le centre mondial du groupe Transport, présidé par Henri Poupart-Lafarge, et dirigé par Patrice Houdu. Il regroupe ici à Villeurbanne 800 salariés, pour 220M? de chiffre d'affaires dont 70 % réalisés à l'international (pour 100 clients actifs partout dans le monde).




Secret et sécurité

C'est dans ce bâtiment, où la sécurité des accès a été renforcée et où les informations stratégiques sont soigneusement protégées, que vont sortir chaque année 8 millions de composants, 22.000 cartes électroniques équipant 4.000 trains dans 22 configurations différentes. Plus de 400 ingénieurs phosphorent pour inventer, produire, tester et implanter leurs technologies électroniques à bord de trains et métros et permettre à ces derniers de gagner en fonctionnalité, fluidité et rapidité. Notamment grâce à des réseaux électroniques ancrés dans les sols des villes, qui envoient des signaux aux métros, trains ou tramway toutes les 200 millisecondes. Concrètement, les trains deviennent intelligents et les métros peuvent augmenter leurs fréquences.






Mémoire industrielle

La chaîne de fabrication, au rez-de-chaussée du bâtiment, a été conçue pour permettre la production de petites séries. « Nous fabriquons presque tout sur mesure, décrit Pascal Charre, le directeur Achats et Industriel, nous conservons précieusement de nombreuses références qui nous permettent d'être compétitifs dans un marché globalisé. Notre atout par rapport à nos concurrents que sont Thalès, Siemens, Hitachi ou Bombardier : notre grande flexibilité ».

Pour garder cet atout et le développer, le nouveau bâtiment a été pensé pour entreposer un stock important de composants électriques. « Nous avons ainsi la possibilité de refabriquer rapidement. 20 ou 30 ans après la production d'un train, nous sommes capables de retrouver l'original des décennies après sa conception. La mémoire industrielle de l'entreprise est une vraie valeur ajoutée aujourd'hui » décrit le dirigeant.




Joint-venture

L'activité d'Alstom Transport est en croissance mais l'entreprise doit faire face à une concurrence très agressive de la part de nouveaux entrants. « Ils sont présents en Amérique du Sud, Asie, Inde, Afrique, Afrique du Sud, poursuit le directeur industriel. Notre stratégie pour demeurer en tête consiste à devenir partenaires des États, qui nous demandent de travailler avec les entreprises locales pour créer des emplois. Cela passe ainsi par des transferts de compétences. Nous restons prudents sur les données stratégiques mais il est difficile de garder la main sur l'ensemble de nos savoirs-faire. Parfois, lorsque que c'est nécessaire, nous concluons des joint-ventures».



Audrey Henrion

Alstom Transport



(Villeurbanne)


Patrice Houdu 800 salariés CA 2015 : 220M? www.alstom.com

# Industrie