Algapolia : Un navire de collecte d'algues conçu par des PME du Grand Ouest
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Algapolia : Un navire de collecte d'algues conçu par des PME du Grand Ouest

NAVALE. Le Morbihannais Olmix et trois autres PME de Loire-Atlantique et de Vendée veulent créer une filière de collecte et valorisation des algues marines.

Ce pourrait être l'une des réponses à la prolifération des algues brunes et vertes sur les plages de la côte Atlantique. Un navire de collecte en mer sera testé cet été au large de Saint-Hilaire de Riez. Le prototype, baptisé Amadeus, prend la forme d'une embarcation de 12 mètres de long dotée d'un chalut conçu pour accumuler les algues.




Thomsea, Arco Marine, Alu Marine et Olmix réunies

Un système d'aspiration spécifique, évitant tout colmatage, les conduit vers un "jacuzzi" de décantation où elles sont d'abord lavées, avant d'être stockées. Une grue embarquée permet aussi de faire des collectes sur les plages. « Notre objectif est de créer une véritable filière de valorisation des algues marines », explique Thierry Thomazeau, gérant de Thomsea et à l'origine de l'idée. Rassemblées par le cluster Neopolia, quatre PME du littoral participent au projet "Algapolia". Chacune jouant le rôle de maillon de la chaîne. Conception et réalisation sont prises en charge respectivement par l'architecte naval Arco Marine (Saint-Nazaire) et le chantier Alu Marine (Couëron). Spécialistes de la dépollution marine en particulier des hydrocarbures et plastiques (marées noires de l'Erika, de BP au Golfe du Mexiqueetc.), les marins vendéens de Thomsea piloteront le navire. En bout de chaîne, l'industriel Olmix, sis à Bréhan (Morbihan), se chargera de la valorisation. Propriétaire du bateau, l'entreprise (260 salariés, 60M€ de CA) y voit un enjeu capital. Possédant un savoir-faire en traitement d'algues, pour en retirer les principes actifs (sucres, protéines, minéraux...), Olmix fournit par exemple les marchés de la nutrition animale (compléments alimentaires) ou du végétal (stimulation des défenses naturelles).




300.000€ d'aides

« On souhaite obtenir des algues de meilleure qualité que celles récupérées sur les plages, contenant du sable et oxydées », commente François Galissot, expert industriel chez Olmix, qui envisage de recruter une vingtaine de personnes en 2013, pour développer l'activité de traitement d'algues à Brains (44). La valorisation pourrait aussi intéresser les domaines de la cosmétique ou de la pharmacie. D'ici à fin septembre, la phase test aura pour objet de définir un modèle économique, en déterminant d'abord le prix de la tonne d'algues qui sera vendue à l'industrie. La capacité de récupération s'élève à 15 tonnes par marée, soit 2.500 tonnes par an. « Des améliorations au niveau du stockage pourraient même multiplier ce rendement, par deux ou trois », estime Thierry Thomazeau. Si les essais sont concluants, Algapolia lancera la réalisation et l'exploitation de plusieurs navires. L'initiative (600.000 € de budget) a été soutenue pour moitié par le conseil régional des Pays de la Loire.

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