Fils d'immigrés portugais installés dans les Ardennes, titulaire d'un bac électro mécanique, rien ne prédestinait Alfredo Julio au monde de la boulange ni même à Bordeaux sauf peut-être «le sens inné du commerce» dit lui-même l'intéressé. Pourtant, la boulangerie, c'est sa vie depuis 30 ans. Et c'est à Bordeaux qu'il a choisi de créer sa propre affaire, Les pains d'Alfredo, après avoir travaillé pour de nombreuses franchises partout en France. À Bordeaux aussi qu'il a décidé de s'engager pour défendre les commerçants à travers l'association La Ronde des quartiers.
Le hasard d'une rencontre
«Les hasards de la vie et surtout d'une rencontre m'ont amené là où je suis aujourd'hui. Tout aurait pu être différent mais j'ai eu la chancede rencontrer une personne passionnée qui vous donne l'envie d'avancer avec elle et qui vous transmet une valeur essentielle: l'esprit de famille.» Cette personne, c'est Pierre Vilgrain. En 1981, il est président des Grands moulins de Paris et lance un nouveau concept de restauration rapide baptisé Franquette. «J'avais postulé pour être son chauffeur, je me suis retrouvé responsable de magasin puis chargé de développement, sourit Alfredo Julio. C'est là que j'ai découvert le monde de la sandwicherie, de la viennoiserie et de la restauration rapide. J'ai aussi fait une formation de boulangerie.» Le concept ne prend pas, «c'était trop tôt, trop rapide», mais Alfredo Julio a attrapé le virus qui ne le lâchera plus. Il travaille ensuite pour les Fromenteries du Sud-Est puis pour les Nouvelles boulangeries. Le hasard le conduit à Bordeaux pour l'ouverture de quatre magasins, une ville qui le séduit. Puis quelques années plus tard, alors qu'il travaille désormais pour la chaîne Paul, il est chargé d'ouvrir la boutique de Mériadeck. «Je suis resté six mois mais l'ambiance ne me convenait pas. J'avais perdu l'esprit de famille, la proximité, l'écoute. J'ai démissionné et puis je me suis lancé dans le grand bain.» Il crée sa propre franchise, à taille humaine, les Pains d'Alfredo, qui propose à la fois du pain et de la petite restauration. Et il décide à l'étonnement de tous de s'implanter en centre-ville le long du tram. «J'étais persuadé qu'à long terme, c'était la bonne option car le tram génère un trafic piéton et donc des opportunités d'achat.» Il s'installe en 1999 cours de l'Argonne puis ouvre d'autres magasins rue du Duffour-Dubergier, à Saint-Michel, cours Alsace-Lorraine...
L'engagement une notion fondamentale
Rapidement aussi, il s'investit dans la vie locale auprès de l'association des commerçants du cours de l'Argonne et prend un mandat à la CCI de Bordeaux. «La notion d'engagement est fondamentale pour moi. J'aime faire des choses pour autrui.» En 2004, il décide de monter un projet pour participer à un concours lancé par le Ministère du commerce et de l'industrie autour d'actions pour dynamiser le commerce. Alfredo Julio se lance dans l'aventure et crée l'association La Ronde des quartiers. «Nous avons gagné parmi 42 dossiers. Notre projet était de fédérer les commerçants au sein d'une structure commune qui puisse défendre leurs intérêts économiques mais aussi proposer des services aux adhérents et aux clients, mettre en place des actions commerciales...» Tout de suite, de nombreux commerçants adhèrent au dynamisme d'Alfredo Julio et aujourd'hui La Ronde des quartiers compte pas moins de 1.400 membres. Elle fédère la plupart des associations de commerçants de quartiers, une gageure, et est sur le point de devenir une véritable fédération (voir interview ci-contre). «Je crois beaucoup au commerce de centre-ville mais je crois aussiqu'il est important que tout le monde aille dans le même sens dans le respect des valeurs humaines.»
L'engagement et l'esprit de famille, deux valeurs fondamentales pour Alfredo Julio, le président de La Ronde des quartiers, l'association des commerçants de Bordeaux qu'il ambitionne de transformer en fédération, une première en France.