Alain Cordier : Un homme au naturel

Alain Cordier : Un homme au naturel

Arrivé en Lorraine en 1995 pour prendre la tête de Barisien, à Briey, Alain Cordier fait de l'environnement et du développement durable un de ses fers de lance. Ce qui l'a conduit notamment à la présidence de l'association Eden green valley. Isabelle Kurth

L'homme a la faconde méditerranéenne. Souriant, l'oeil malicieux, il met d'emblée à l'aise ses visiteurs. Arrivé en Lorraine en 1995, lorsqu'il reprend le groupe Barisien, Alain Cordier est de ces hommes dont la passion devient le combat d'une vie. «J'ai toujours été quelqu'un de la nature, annonce-t-il. J'ai toujours eu le nez au vent. Je suis plus quelqu'un de la tempête que du cinéma!» Le cinéma qui pourtant lui fera vivre un moment inoubliable. «Le premier film que j'ai vu a été ?La grande prairie? (de James Algar en 1954, NDLR). Cela m'a fait découvrir l'Ouest américain, les grands espaces de liberté.» Un moment important pour celui qui se définit comme quelqu'un de libre et dont les grands-parents maternels et paternels étaient agriculteurs.




Passion de l'environnement

Est-ce ces gênes qui conduisent le jeune homme dans le monde de l'environnement? «Je ne sais pas, mais j'ai toujours eu une passion pour l'aménagement du territoire, lance-t-il dans un sourire. Il y a longtemps, j'ai suivi le massacre de la vallée de la Seine, entre Paris et Rouen.» À une époque où les donneurs d'ordre ne prenaient pas vraiment en compte l'impact environnemental. «Sans parler de l'urbanisation verticale des années 60-70où on a construit tours sur tours et où la culture a été remisée dans les cafés! Aujourd'hui, on a les résultats à la mesure de ce qu'on a semé.»




Monde du travail

Cette passion de l'environnement, Alain Cordier va la mettre au service de sa carrière professionnelle. D'abord en région parisienne, de 1984à 1995, puis sur la terre Lorraine. «Le groupe Barisien est reconnu aujourd'hui en matière de gestion des déchets ménagers et industriels. Nous sommes entrés dans l'ère de la valorisation secondaire.» Mais l'homme n'en dédaigne pas pour autant les entreprises locales. «Nous sommes dans un secteur en évolution. Il y a de la place pour beaucoup, notamment pour les sous-traitants.»




Sous-traitance locale

C'est cette démarche qui a conduit Alain Cordier à faire appel à des entreprises locales pour la construction d'un centre de tri multifilière sur le bassin de Villerupt. «Nous apportons entre 4et 5M€ sur les 20M€ du marché que nous avons obtenu. De plus, cela permet de faire travailler des métalliers, car nous allons utiliser au minimum 1.500tonnes de ferraille.» De quoi leur ouvrir une porte de reconversion dans le domaine de l'environnement.




Actions associatives et diverses

En parallèle, le néo-Lorrain fait partie des membres créateurs d'Eden green valley, association née en 2007 et qui regroupe une vingtaine d'entreprises spécialisées dans le développement durable. «Je suis aussi président de l'IUT de Longwy, depuis 2007 également.» Sollicité car l'institut universitaire avait en projet la mise en place d'une licence développement durable, l'homme n'a pas hésité. «En étant présent dans le monde des déchets, cela m'a permis notamment d'impliquer les syndicats professionnels dans cette démarche.» Résultat: sur 150candidatures, 40ont été retenues, dont celle de Longwy qui lance cette licence professionnelle ce mois-ci. «Il y a une autre licence développement durable à Metz. Cela veut dire que nous aurons bientôt de bons techniciens en Lorraine.»