«Nous avons une vision stratégique du groupe. Nous savons où nous allons, affirme sans ambages Maurice Ricci, président d'Akka Technologies à Lyon, à ses actionnaires lors de la présentation des résultats semestriels 2012. 2011 et 2012 sont des années clés pour l'internationalisation du groupe. Nous entamons une phase de stabilisation, avant de poursuivre par une période d'accélération du développement à l'étranger.» Avec le rachat d'Aeroconseil en septembre2011 et celui de MBTech en avril2012, le groupe affichera, à la fin de l'année, un chiffre d'affaires proche d'1Md€ avec 10.365 collaborateurs et une présence dans 23 pays. Les deux axes forts du groupe d'ingénierie se trouvent en France et en Allemagne, puisque le premier représente 49% du chiffre d'affaires et le second 39%. «La France présente une croissance molle, analyse Nicolas Valtille, directeur général adjoint d'Akka Technologies. Ceci est principalement dû à un secteur automobile en perte de vitesse et à un environnement macroéconomique perturbé. Nos activités ont diminué chez Peugeot. Elles se sont stabilisées avec Renault, mais elles ont progressé avec Renault Trucks.» «En France, nous misons sur la valeur ajoutée, poursuit Maurice Ricci. Peugeot nous avait sollicités pour baisser nos prix de façon non acceptable. Nous ne l'avons pas fait. Nos volumes ont baissé mais nous nous sommes maintenus sur des activités de niche à très forte technologie.» Cette volonté de ne pas être généraliste lui permet de faire la différence en cas de difficulté. «Nos clients sont en attente de ça», confirme Maurice Ricci. De plus, la relation avec ses clients semble avoir évolué. «La taille des projets est plus importante et nous travaillons ensemble sur le long terme», affirme Maurice Ricci.
Fort potentiel en Allemagne
En Allemagne, l'accord avec Daimler, qui conserve 35% du capital de MBTech, prévoit une pérennisation du chiffre d'affaires sur cinq ans. «Le temps pour Akka de se diversifier auprès d'autres constructeurs automobiles ainsi que sur les secteurs du ferroviaire et de l'aéronautique», annonce le président du groupe. En prenant appui en Allemagne, leFrançais entend devenir le leader européen de l'ingénierie du secteur de la mobility. «Les potentiels de croissance organique en Allemagne sont très forts, affirme Maurice Ricci. Nous pouvons escompter, sur le marché allemand à l'année, 200M€ sur le secteur automobile, 100M€ sur l'aéronautique et 50M€ pour le ferroviaire.» L'axe franco-allemand est donc un pilier pour Akka Technologies. «Le coeur de l'industrie européenne se trouve sur cet axe, analyse Maurice Ricci. Nous sommes ainsi proches de tous les grands donneurs d'ordre. Cet ancrage fait l'avenir du groupe, et notamment sur les autres pays.» Sur le reste du monde, qui devrait ainsi suivre une courbe ascendante en même temps que celle de l'Allemagne, Akka Technologies mise sur le développement de la Belgique, de l'Italie, du Maroc, de la Grande-Bretagne et du Canada. «Les clients français et allemands d'Akka Technologies attendent que nous nous positionnions sur d'autres pays.»
Renforcer le côté humain
De telles évolutions ont entraîné une réorganisation interne. «L'équipe de direction est passée de quatre à dix, détaille Maurice Ricci. Il y a eu de nombreux mouvements managériaux, notamment en Allemagne afin d'installer un CEO local pour aller plus vite. En France, c'est l'inverse. Nous avons grossi rapidement, avec l'acquisition de nombreuses entreprises. Nous devons donc renforcer le côté humain.»
Akka Technologies
(Lyon- Paris) Président: Maurice Ricci Chiffre d'affaires 2011 (hors intégration d'Aeroconseil et MBTech): 474millions d'euros 6.100 s
alariés (hors Aeroconseil et MBTech) www.akka.eu