L'année 2014 ? « Une année fantastique pour Airbus », s'est réjoui Fabrice Brégier, président et CEO d'Airbus lors de la conférence de presse annuelle de l'avionneur à Toulouse le 13 janvier dernier. Airbus a livré 629 appareils en 2014 : 490 de la famille A320, 108 A330, 30 A380 et son premier A350. « Les sociétés de leasing ont financé 50 % de toutes les livraisons en 2014 », a noté le directeur commercial d'Airbus John Leahy, soulignant la « grande influence » et toujours en croissance de ce type de clients dans le monde. Sur le plan des commandes, l'avionneur européen a enregistré 1.456 commandes nettes émanant de 67 clients, « la seconde meilleure performance jamais réalisée » d'après son patron. Le carnet de commandes atteint donc fin 2014 6.386 appareils, d'une valeur de 919,3 milliards de dollars au prix catalogue. Dans le duel traditionnel qui l'oppose à Boeing, quel est le bilan de l'année écoulée ? Airbus a enregistré plus de commandes que son rival américain (1.456 contre 1.432), mais ce dernier a livré plus d'appareils : 723 contre 629. C'est la troisième année consécutive que Boeing prend la main sur les livraisons.
Trouver des clients pour l'A380
L'année 2015 réserve son lot de défis industriels et commerciaux. Après la première livraison du nouvel avion A350 à Qatar Airways en décembre, la montée en cadences va se faire progressivement. 780 commandes fermes ont été réalisées sur cet appareil, de la part de 40 clients. « D'ici à quatre ans, nous avons pour objectif de livrer 10 A350 par mois », souligne Fabrice Brégier. Concernant l'A330, une nouvelle motorisation a été annoncée l'été dernier lors du salon de Farnborough. L'A330neo a depuis reçu 120 commandes fermes. Les premières livraisons sont prévues pour la fin 2017. L'A380 totalise à son compte 318 commandes fermes de la part de 19 clients. Pour les dirigeants d'Airbus, la taille du marché et la congestion grandissante des mégapoles nécessiteront de plus en plus ce type d'appareil. Pas question d'arrêter l'A380 « qui reste un solide pilier de la famille à large fuselage d'Airbus », a martelé Fabrice Brégier, se voulant rassurant alors que les commandes du gros porteur peinent à rentrer. Quid d'une remotorisation, comme l'ont récemment appelé de leurs voeux les dirigeants des compagnies aériennes Emirates et Qatar Airways ? D'après Fabrice Brégier, « le top management d'Airbus et d'Airbus Group est sur la même ligne : l'A380 a été dans le passé un poids financier. Il faut allier deux exigences, répondre aux besoins des clients et éviter une nouvelle charge financière. » Donc, trouver d'autres clients avec le modèle actuel. Avec néanmoins des évolutions prévues, comme la possibilité de proposer un appareil avec 11 sièges de front au lieu de 10 en classe économique. Sur le plus long terme, des améliorations et une remotorisation ne sont néanmoins pas exclues. Le programme A320neo est en bonne voie, après un premier vol en septembre 2014, sa certification est prévue au troisième trimestre 2015 et les premières livraisons à la fin de l'année. 3.621 commandes fermes ont été faites sur la famille A320neo.
Dernière innovation en date
Autre fait marquant : Airbus lance une nouvelle version de l'A321neo au rayon d'action étendu, avec un premier client (Air Lease Corporation) qui a signé un protocole d'accord portant sur l'acquisition de 30 appareils. Cet appareil sera plus adapté aux vols transatlantiques... et se positionne directement sur le marché du 757 de Boeing. « Nous aurons peut-être moins de visibilité cette année que l'an dernier, a conclu le patron d'Airbus. Mais 2015 sera fondamentale pour la montée en cadences de notre production et de notre rentabilité. » En 2014, l'avionneur a réalisé un chiffre d'affaires supérieur à 40 milliards d'euros.
En 2014, Airbus a enregistré plus de commandes que son rival américain (1.456 contre 1.432), mais ce dernier a livré plus d'appareils : 723 contre 629.
Fabrice Brégier envisage un nombre de livraisons « légèrement supérieur » en 2015.