AIA : Le site de Bordeaux prend du galon

AIA : Le site de Bordeaux prend du galon

La volonté du Ministère de la Défense d'être plus économe et efficace conduira l'Atelier industriel de l'aéronautique de Bordeaux à centraliser de plus en plus d'opérations de maintenance d'aéronefs militaires.

Bordeaux, capitale de l'aéronautique militaire. Le CSFA (Commandement du soutien des forces aériennes) est basé à Mérignac depuis début 2008. La Simmad (Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense) a annoncé, en novembre2009, que le pôle conduite des opérations allait quitter Bretigny (91) pour Mérignac. Et l'AIA (Atelier industriel de l'aéronautique) voit depuis 2008 son rôle considérablement augmenter.




Anticiper les besoins des forces armées

«Le rassemblement en Gironde de ses trois structures est très pertinent, explique Éric Esteve, directeur adjoint de l'AIA Bordeaux, ingénieur en chef de l'armement. L'enjeu de la maintenance des aéronefs militaires est de gérer des petites séries et des budgets contraints. On ne peut pas se permettre d'avoir des stocks pléthoriques. Il faut donc anticiper au mieux les besoins des forces armées. Et c'est précisément ce que nous permet une collaboration étroite avec le CSFA. Par ailleurs, la complémentarité entre la Simmad et l'AIA, respectivement maître d'ouvrage et maître d'oeuvre étatiques, coule de source».




Quatre établissements en France

L'AIA, qui est la dernière entité industrielle du ministère de la Défense, compte quatre établissements: Bordeaux, (maintenance de moteurs), Clermont-Ferrand (maintenance et modernisation d'aéronefs et équipements), Cuers-Pierrefeu, (maintenance et modernisation d'aéronefs, équipements, systèmes et radômes) et Ambérieu (métrologie, confection ou révision d'équipements, surveillance-sauvetage-secours). Le site de Bordeaux -et son annexe de Cestas- réalise la moitié de l'activité des ateliers industriels de l'aéronautique, qui ont dégagé 400M€ de chiffre d'affaires en 2009. «Nous sommes en compte de commerce et fonctionnons comme une entreprise privée, précise Jean-Renaud Brachat, adjoint communication à l'AIA Bordeaux. Toutes nos prestations sont contractualisées, que ce soit avec l'Etat, les constructeurs ou les prestataires. Mais nous ne réalisons pas de bénéfice».




Service industriel de l'aéronautique

Depuis le 1erjanvier 2008, les AIA dépendent du SIAé (Service industriel de l'aéronautique), nouvelle structure qui fédère différents services du ministère de la Défense. «Le SIAé doit assurer les meilleurs prix et la meilleure disponibilité aux forces aériennes», souligne Jean-Renaud Brachat. Cette stratégie passe par la reconfiguration des échelons de maintenance. Auparavant, seuls les niveaux techniques d'intervention (NTi) de rang3 (grosse maintenance industrielle) étaient réalisés par les AIA. Ceux-ci effectuent désormais les NTi 1 (contrôle ?léger?) et 2 (intervention poussée) et récupèrent les NTi 2 réalisés sur les bases (Voir interview). La nouvelle organisation doit permettre au SIAé de gagner un an de chiffre d'affaires tous les 10 ans.




Turboréacteurs M53 et Atar

L'AIA de Bordeaux réalise 80% de son revenu avec les turboréacteurs M53 -qui équipent le Mirage 2000- et Atar -qui équipent le Mirage F1 et le Super Etendard. Parmi les autres produits qui passent entre les mains des personnels de l'AIA Bordeaux: le Larzac (moteur de l'Alphajet), le T56 A 15 (Hercules C130) ou le MTR 390 (Tigre). «Notre logique industrielle nous conduit à faire appel à de la sous-traitance pour 7% de notre activité, déclare Éric Esteve. Si Snecma Chatellerault est notre premier prestataire, nous travaillons également avec CRMA, Exameca ou SPS». Les appels d'offres sont passés par une unité locale d'achat pour les contrats inférieurs à 100.000€ et par le service centralisé des achats de Clermont-Ferrand au-delà.