Comment les entreprises bretonnes exportent-elles? Quelle est leur typologie? Quels produits vendent-elles en dehors des frontières hexagonales? Voilà des questions sans réponses ou presque. La faute à une méthodologie - les chiffres des Douanes - bien loin d'apporter des certitudes. Cette situation est toutefois en train de changer grâce au travail mené par CCI International.
3.250 entreprises interrogées
En lien avec la Direction de l'information économique et prospective de la CCI régionale, un Observatoire breton du commerce international vient d'être créé. Une première en Bretagne. «C'est plus de six mois de travail, explique Carl Bois, directeur de CCI International. L'idée était d'avoir un outil complémentaire à celui des Douanes, sur lequel on puisse baser une stratégie.» 3.250 entreprises bretonnes connues (ou pressenties) exportatrices ont ainsi été interrogées. Résultat, plus de la moitié (1.750) est réellement exportatrice. Et pas de façon secondaire. Puisque le «chiffre d'affaires export moyen représente 25% du chiffre d'affaires total de l'entreprise.»
L'Agrotech en force
Premier enseignement de cette étude, qui sera renouvelée tous les ans, «on voit que tout ce qu'on appelle Agrotech (agri, agro, fournitures) représente la moitié de l'export breton», souligne Carl Bois. «Additionnée aux autres filières dotées de pôles de compétitivité en Bretagne (mer, TIC et automobile), cela représente plus de 60% des exportations bretonnes», indique l'étude. Autre chiffre intéressant, près de la moitié des exportateurs a une taille comprise entre 10 et 50 salariés (voir encadré).
Europe mais aussi Corée du Nord et Afghanistan...
S'agissant des marchés, l'Europe arrive bien évidemment en tête des régions cibles (90%) avec, sur le podium: la Belgique (55%), l'Espagne (50%) et l'Allemagne (47%). Petite surprise pour les auteurs de l'étude, en moyenne, une entreprise exporte dans onze pays. «On en imaginait trois ou quatre», commente Carl Bois. Autre originalité, si l'Europe se taille la part du lion, tous les pays du monde ou presque importent des produits bretons. «Y compris dans des pays compliqués comme la Corée du Nord, l'Erythrée ou l'Afghanistan. Le seul pays où l'on n'a pas trouvé d'exportateur, c'est la Somalie.» Une entreprise bretonne interrogée a toutefois fait part de son intérêt pour cette région du monde. Un autre résultat vient tordre le cou au préjugé selon lequel les entreprises bretonnes ayant des filiales à l'étranger tuent l'emploi en Bretagne. «Par rapport aux entreprises exportatrices, elles ont un chiffre d'affaires export supérieur de 50%», note Carl Bois. Une valeur ajoutée qui reviendra d'une manière ou d'une autre en Bretagne avec, par exemple, «la création d'emplois de cadres qui suivent ces filiales», explique le directeur.
Impact de la crise
Crise oblige, les entreprises interrogées confient enfin que leur chiffre d'affaire export a baissé de 11% entre2008 et2009. Un chiffre qui suit la tendance en France, puisque la moyenne nationale se situe à 12%.
Pour la première fois, un Observatoire régional du commerce international vient d'être créé en Bretagne. S'il ne s'agit pas vraiment d'une surprise, l'étude confirme néanmoins qu'agriculture et agroalimentaire sont en tête des filières exportatrices.