Agences économiques : Des bilans contrastés

Agences économiques : Des bilans contrastés

TERRITOIRES. Sur près de 110 agences de développement en France, Rhône-Alpes en compte une dizaine et autant de spécificités. Malmenées par le contexte économique, elles misent sur la connaissance fine du terrain pour défendre leur valeur ajoutée.

« Avec ces réformes qui n'en finissent pas, nous sommes dans une zone de turbulences, sans visibilité », s'inquiète Gisèle Bonnot, directrice de l'agence économique départementale de la Haute-Savoie (AED 74). Les départements rhônalpins ont chacun leurs agences de développement. La plupart sont réunies au sein du CNER, la fédération nationale qui tient son 61e congrès les 26 et 27 juin à Aix-les-Bains (73). « Aujourd'hui, explique Antoine Angeart, délégué général du CNER, les terreaux propices à l'entreprise et l'entrepreneuriat sont souples et ingénieux et les agences se doivent de l'être en conséquence. » Si les agences ont pour objectif le développement économique de leur zone géographique, toutes ne mettent pas en oeuvre les mêmes actions. Ainsi, l'essentiel du travail de l'Agence d'études et de promotion de l'Isère (AEPI) est dédié à la prospection à l'international. « En raison des filières d'excellence de l'agglomération grenobloise, qui concentre 80 % de l'économie iséroise, les projets captés sont majoritairement étrangers », explique le directeur adjoint Nicolas Béroud. De même, l'Agence de développement économique de la région lyonnaise (Aderly) a fait le choix du développement exogène, « domaine où nous avons une valeur ajoutée unique sur le territoire » se félicite le directeur Jacques de Chilly. En manque de notoriété, l'Ain profite de sa proximité avec Lyon, Genève ou Chambéry pour renforcer son attractivité à l'international. Sa Mission économique (MEA), service du Conseil général, veille à réaliser des actions complémentaires à celles de l'Agence locale de développement du Pays de Gex et du Pays Bellegardien. De son côté, le département de la Loire appuie sa prospection à l'international sur l'excellence de son enseignement. « Nous anticipons les besoins des entreprises étrangères. C'est une course contre la montre, il faut déjà être sur le dossier quand il sort à l'AFII, ce que nous permettent nos missions à l'étranger », explique René Bayle, directeur de l'agence ligérienne Adel 42. L'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) s'occupe en effet de prospection internationale, en lien avec Entreprise Rhône-Alpes international (ERAI), qui recueille les cahiers des charges des entreprises étrangères souhaitant s'implanter en France. En revanche, la prospection ne représente qu'une part minime des actions de l'Agence économique de la Savoie mais, selon son directeur Philippe Garzon, elle a « vocation à être renforcée ». La Haute-Savoie, elle, mise sur l'accompagnement des entreprises déjà implantées. Gisèle Bonnot justifie cette décision des élus locaux par « la prédominance de l'industrie, enjeu majeur puisqu'il représente 25 % du PIB départemental, contre 12 % au national ».




Nouvelles contraintes

Les agences économiques font également face à une réduction budgétaire, car elles sont majoritairement financées par leur Conseil général. Elles complètent leur budget par des apports des CCI et autres partenaires. Conséquence : elles cherchent à diversifier leurs sources de financement et peuvent faire le choix de redéfinir leurs missions. Ces contraintes ont par exemple poussé l'AEPI à limiter l'accueil des délégations étrangères et à ne pas remplacer certains départs à la retraite. Par ailleurs, les agences subissent la réforme de la décentralisation en cours, qui confie aux régions et aux départements la coordination de l'action des collectivités envers les entreprises. À l'AEPI, Nicolas Béroud estime que « cette réforme va sûrement déboucher sur une collaboration plus poussée avec les autres agences ; à nous de faire évoluer notre métier et notre manière de travailler en intelligence ». Mais en Savoie, Philippe Garzon dénonce « un carcan administratif et un État beaucoup trop présent et normatif : il n'existe presque plus que par sa capacité de nuisance ». Selon lui, il est donc vital que « l'administration française se tourne vers la simplification, afin de lâcher la bride aux acteurs économiques ». La compétition entre les agences ne s'appréhende plus uniquement au niveau local ou national, elle s'est internationalisée. Il y a certes une « saine concurrence » entre les agences des différents départements de Rhône-Alpes, explique Nicolas Béroud de l'AEPI, mais « elle profite à toute la région ». L'agence lyonnaise va plus loin et considère que ses concurrents sont les instances des autres métropoles françaises, mais aussi européennes : Manchester, Turin ou encore Copenhague. Sur la scène internationale, Nicolas Béroud considère que la région manque encore de visibilité.


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