Des compétences et des investissements supplémentaires. C'est l'actualité de l'entreprise malouine de mécanique de précision AFU. En septembre dernier, elle rachetait le spécialiste du thermolaquage, sablage et métallisation Média First (2 salariés, CA : 210 K€) dont elle était cliente à Saint-Lunaire et qui sera intégrée complètement cette année. « Nous voulions proposer un service supplémentaire à nos clients et greffer des compétences nouvelles. Nous sommes à l'affût », précise Philippe Blancard, cogérant d'AFU avec sa soeur Sylvaine depuis 2007. Il y a sept ans, AFU employait 15 salariés pour 1,15 M€ de chiffre d'affaires. Le duo, qui témoigne d'une « croissance régulière », l'a porté à deux millions d'euros en 2013. L'affaire est également « rentable ».
Des produits à valeur ajoutée
AFU est expert des pièces usinées en petites séries, « des produits techniques, sur-mesure à forte valeur ajoutée, des moutons à cinq pattes », résume le duo dirigeant. Avec sa flexibilité, voilà de quoi se différencier des usineurs généralistes et de la concurrence étrangère. En 2009, AFU avait déjà racheté un client malouin, Virhydro (1 salarié, CA : 360 K€). Ce spécialiste des appareils de pêche et de levage réalise 70 % de son business à l'export, en B to B à 90 %. Ses produits spécifiques, usinés par AFU, se vendent aux Îles Tonga, en Russie, Tanzanie, dans les Dom-Tom... De son côté, AFU exporte un peu en Tunisie. Son rayon d'action est plutôt axé sur le Grand Ouest. Son portefeuille clients est aussi diversifié que ses secteurs de prédilection : de l'industrie (pièces pour machines de soudure, par exemple) au médical (adaptateurs d'embouts de machines de contrôles) en passant par l'aérospatial (pièces de maintenance), la défense, l'agroalimentaire, l'électronique, le naval, le nucléaire (« un peu »)... Plus anecdotique, mais très symbolique, AFU a contribué au harnais de caisse claire mis au point par Physiodrum (29) contre le mal de dos des percussionnistes. Ou encore au catamaran volant Flying Phantom de Saint-Lunaire. Parallèlement, AFU reste à la pointe en investissant régulièrement dans son outil industriel. Depuis la reprise en 2007, neuf machines ont été rentrées dans l'atelier. Lui-même a déménagé en 2012 de quelques centaines de mètres, pour doubler de surface et atteindre aujourd'hui 1.600 m².
350 K€ investis
« En septembre 2013, nous avons investi 350.000 euros dans un tour numérique et en novembre dans un centre d'usinage cinq axes à commande numérique », détaille Philippe Blancard. Cette année, il prévoit encore le remplacement d'une machine d'érosion et il s'intéresse à l'usinage de matériaux composites. AFU a également procédé à deux recrutements l'an dernier. Intéressée par le contrat de génération, l'entreprise malouine, qui dispose de son propre bureau d'études, déplore en revanche la pénurie d'apprentis.
Géry Bertrande
Mécanique À Saint-Malo, l'Atelier Fabrication Usinage (AFU) investit dans de nouveaux robots et a racheté Média First à Saint-Lunaire pour son thermolaquage.