Le développement de l'alternance est une volonté de l'actuel gouvernement. Parmi la batterie de mesures récemment dévoilées par le chef de l'État figurait d'ailleurs le relèvement à 5% (contre 4% actuellement) du quota obligatoire de jeunes en alternance dans les entreprises de plus de 250 salariés. Avec un doublement des sanctions financières pour celles qui sortent des clous. Actuellement, les grandes entreprises doivent s'acquitter d'une pénalité de 0,2% de la masse salariale brute à moins de 1% d'alternants. 50% d'entre elles sont concernées.
60% de renouvellement
C'est là que l'Aftec, qui forme plus de 1.500 jeunes par an dans le grand Ouest entend jouer sa carte. Bien que «dans le Morbihan, 93% des entreprises ont moins de dix salariés», admet Sylvie Jaffré, conseillère de formation à l'Aftec. À Vannes, l'Aftec est d'ailleurs le seul organisme à proposer de la formation initiale à ceux qui n'ont pas encore trouvé d'entreprise prête à les embaucher en contrat de professionnalisation. «Nous faisons ça depuis trois ans», souligne Sylvie Jaffré. «Au bout de cinq ans, nous pourrons même proposer des bourses pour les étudiants.» L'Aftec travaille ici avec un réseau d'environ 70 entreprises avec qui elle affiche un taux de reconduction de collaboration de 60%. Parmi elles: Yves Rocher, Intermarché, Vinci... «Il y a deux types d'entreprises: celles qui vont investir sur le long terme pour former quelqu'un à leurs méthodologies ou celles qui ont décidé d'accompagner et de participer à la formation des étudiants sur leur territoire», commente Sylvie Jaffré. «Lorsque je suis arrivée, il y avait une cinquantaine d'alternants, nous sommes à 118 cette année.» Sylvie Jaffré revendique un faible taux de rupture: huit cas sur 83 en 2011. «L'alternance a augmenté de 7,3% cette année, l'apprentissage de seulement 2,3%», remarque-t-elle.
5.000euros d'exonérations
Reste que ce mode d'intégration dans les entreprises reste minoritaire dans le système scolaire français. Et son coût budgétaire est loin d'être neutre, notamment en termes d'exonérations patronales: 2.500euros par an pour un contrat d'apprentissage, 5.000euros pour un contrat de professionnalisation concernant un bénéficiaire de plus de 45 ans. Au niveau national, passer de 500.000 à un million d'alternants coûterait d'ailleurs un milliard d'euros par anicolas Mollé
Aftec Vannes
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