AFPA : La formation au bord du gouffre
# Organismes de formation # Ressources humaines

AFPA : La formation au bord du gouffre

Difficultés. L'association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) mesure aujourd'hui les sévères conséquences de la réforme de son secteur.

Pont-de-Claix est un campus vide. Où sont passés les tourneurs-fraiseurs, les conducteurs de machines-outils? Ils ont été dilués dans les remous de la réforme de la formation professionnelle entrée en vigueur en 2008. Les grands organismes de formation, comme l'association historique Afpa, en mesurent aujourd'hui les conséquences. En Isère, l'Afpa, qui formait 700 stagiaires en 2008, a perdu un tiers de ses effectifs. Sur l'Arc Alpin, qui comprend les Afpa de l'Isère et des deux Savoie (trois campus, sept sites détachés), le nombre de stagiaires est passé de 1.300personnes à 800aujourd'hui.




Des lois

Christophe Schuller, directeur territorial de l'Arc Alpin, explique que cette situation résulte de l'application de la loi sur la décentralisation de 2004, où les crédits de l'État en direction de l'Afpa ont pris le chemin de la région et sont désormais soumis à la commande publique. À cela s'est ajoutée la réforme en 2008 de la formation professionnelle, qui a eu pour conséquence directe le basculement des psychologues chargés de l'orientation des demandeurs d'emploi, de l'Afpa vers Pôle emploi. «Fin 2009, l'Afpa n'a plus bénéficié des transferts automatiques des crédits décentralisés et a perdu ses 800psychologues au niveau national. Nous avons dû reconstruire une ligne pour le recrutement des stagiaires en urgence et nous soumettre à la modalité d'achat de la commande publique par appels d'offres», résume le directeur. Résultat: une perte du chiffre d'affaires de 10% au niveau national, lequel s'établissait à 1Md€ en 2009 et 70M€ en Rhône-Alpes en 2010. «Nous avons voulu compenser cette perte d'activité prévisible sur la formation initiale des demandeurs d'emploi en nous positionnant sur la formation professionnelle, mais cela n'a pas compensé le manque à gagner». Christophe Schuller insiste encore sur le fait que la gestion foncière des campus, dont l'association n'est pas propriétaire, plombe ses comptes.




«Se réadapter»

Les choses ne se sont pas arrangées en 2011 lorsque la région a lancé un appel d'offres décomposé en.. 437 lots! Cette multitude de formations réparties à travers tout le territoire a complexifié la réponse à l'appel d'offres. «Des dispositifs de formation ont été arrêtés, comme ceux de l'industrie au Pont-de-Claix, d'autres sont en sous-activité et donc non rentables, enfin certains dispositifs sont en suractivité. À nous de nous réadapter», concède le directeur. Il mesure l'impact humain et matériel de cette redistribution des cartes. En région, pas moins de 77formateurs sont concernés par un accord sur la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). À la clé: mobilité géographique ou reconversion professionnelle. Autant dire que les partenaires sociaux se montrent très inquiets depuis un an. Pont-de-Claix va certes se réorienter vers le tourisme et le commerce-distribution, mais le directeur plaide pour une clarification du schéma du financement de la formation professionnelle, pour l'adoption de mesures financières urgentes, pour la prise en compte de la qualité du travail réalisé à l'Afpa et celle de son taux de placement. L'association se remet aussi en question, se positionnant de façon groupée (avec le Greta et l'Ifra) sur les appels d'offres.






www.rhone-alpes.afpa.fr

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