AFD : «Améliorer la relation agence/client»
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AFD : «Améliorer la relation agence/client»

design. L'alliance française des designers (AFD) a établi une charte des marchés publics de design. Franck Dubois, de l'agence rouennaise Perroquet bleu explique la démarche.

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avoir mis en place cette charte? Cela part d'un constat: la loi qui encadre les marchés publics précise que pour les domaines du design et du graphisme, une collectivité publique peut demander des échantillons. Il est aussi précisé que ceux-ci doivent faire l'objet d'une indemnisation, si le commanditaire l'estime. Dans les faits, de nombreuses collectivités demandent des maquettes de leurs projets mais, sans indemnisation. À cela, s'ajoutent des dossiers lourds à remplir. Au final, on est dans une situation intenable car, si l'on veut participer à un appel d'offres, il faut travailler gratuitement!
Comment cela se traduit-il?

La situation courante c'est d'avoir une demande pour un budget qui correspond
à une centaine d'heures de travail: un tour de table est effectué avec trois ou cinq réponses. Mais, pour fournir ces réponses, plusieurs dizaines d'heures sont déjà nécessaires aux postulants. Alors on arrive à des situations où sur la table, il y a plus d'heures gratuites que d'heures effectivement achetées. La profession est donc déficitaireet on assiste en direct à son appauvrissement. Au final, nos métiers sont dévalorisés et peu d'argent circule. C'est assez alarmant!
Comment faire évoluer les comportements?
L'AFD (1.400 membres, Ndlr) a pris les choses en main depuis deux ans et a cherché une solution pour que tout le monde se conforme à la loi et que personne ne s'appauvrisse. C'est tout le sens de la rédaction de cette charte AFD des marchés publics de design, dont l'objectif est d'arriver à travailler autrement. Ainsi, on constate, par exemple, que c'est souvent le moins disant qui emporte un marché mais c'est aussi parce que la note du marché comprend un coefficient important par rapport au prix. Un fonctionnement qui ne tire pas le marché vers le haut car les rendus sont moins bons qu'ils pourraient être. Autre problème, on travaille souvent à l'aveugle sur ces compétitions avec des réponses à donner par écrit, alors qu'on a dix mille questions à poser
.

Qu'attendez-vous de cette charte?
Notre but est de faire comprendre que la méthode n'est pas bonne et d'expliquer que notre prestation intellectuelle n'est pas un produit comme un autre. Nous voulons sensibiliser à nos préoccupations professionnelles. Une démarche qui porte déjà ses fruits puisque certains des signataires sont des commanditaires comme la ville d'Angers ou la Cité du design à Saint-Étienne.

Entretien Sébastien Colle

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