Aéronautique, numérique et automobile : Trois secteurs-clés de Haute-Garonne à la loupe
# Conjoncture

Aéronautique, numérique et automobile : Trois secteurs-clés de Haute-Garonne à la loupe

Chapô

I




ndustrie : l'aéronautique toujours leader

Sans surprise, c'est la construction aéronautique et spatiale qui truste le classement des 50 premières entreprises de l'industrie en Haute-Garonne, d'Airbus et Thales Alenia Space aux grands sous-traitants que sont Aerolia, Latécoère ou Labinal. Si le chiffre d'affaires des entreprises industrielles a progressé en 2013 de 5,2 %, c'est cette branche-là (+ 9,7 %) qui a tiré son épingle du jeu, devant l'agroalimentaire (+ 2,8 %), d'après une enquête de la Banque de France. L'an dernier, selon l'Insee, la chaîne des fournisseurs de l'aéronautique a en effet continué de tourner à plein régime sous l'effet de la hausse des cadences des constructeurs. Dans la région, les fournisseurs de composants et les systémiers-intégrateurs ont été les plus dynamiques, devant les équipementiers, les fournisseurs d'outils et les sous-traitants de fabrication. Conséquence : un taux d'utilisation des capacités de production industrielle en essor, dépassant les 90 %, et une accélération de l'investissement matériel. D'après la Banque de France, près des trois-quarts des chefs d'entreprise ont connu en 2013 une amélioration de leur rentabilité, dans le segment "fabrication de matériels de transport". Dans ce même segment, 72 % des patrons tablent sur une progression de leur rentabilité d'exploitation en 2014, estimant une hausse de leur chiffre d'affaires à hauteur de 7,9 %.






Services : les ESN en pleine mutation

Cimpa, Cegedim Activ, Eurogiciel ou encore Celad : les grosses SSII locales - qu'on appelle désormais ESN (entreprises de services du numérique) - sont, cette année encore, bien présentes dans notre Top 50 Services. En tant que président du cluster DigitalPlace, Daniel Benchimol dresse un bilan assez mitigé de l'année écoulée : « Certaines entreprises s'en sortent bien, d'autres sont en difficulté. Mais cette situation est davantage liée aux produits qu'à la conjoncture. » En règle générale, il constate que « les entreprises, petites ou grandes, qui sortent de l'Hexagone s'en sortent mieux que les autres. » Même bilan du côté de Laurent Gerin, délégué régional du Syntec Numérique : « Globalement, on sera en croissance sur 2014 et sans doute aussi en 2015 mais avec des perspectives un peu plus légères. » Une croissance portée selon lui par « les SMAC (Social-Mobile-Analytics-Cloud) qui pèsent aujourd'hui environ 10 % de la demande mais dont le potentiel varie entre 25 et 50 %. » Autre enjeu : la diversification. « Dans le domaine de l'aéronautique, les besoins en ingénierie ont commencé à baisser cette année mais ça n'est pas une surprise : Airbus nous l'annonce depuis quatre ans. Aujourd'hui, il nous faut aller sur les besoins de production et pas uniquement dans l'aéro. En région, les secteurs agri-agro et santé offrent aussi des relais de croissance intéressants. »




Commerce : l'automobile progresse en trompe l'oeil

Secteur malmené depuis longtemps, la vente de voitures a repris quelques couleurs et, dans notre Top 50 Commerce en Haute-Garonne figurent pas moins de 12 groupes concessionnaires automobiles pesant entre 30 et 95 millions d'euros. En 2014, sur les 9 premiers mois, le marché dans le département s'affiche en hausse tant pour les véhicules neufs que pour l'occasion. Avec 24.320 véhicules neufs, la progression est de 2,8 % alors que les 89.228 voitures d'occasion traduisent une hausse de 1,92 % ce qui est mieux qu'au plan national, respectivement 2,1 % et 1,62 %. Ceci n'est toutefois qu'une maigre consolation pour Philippe Dallard, président des concessionnaires au CNPA de Haute-Garonne : « Il faut relativiser cette progression basée sur une année N-1 très mauvaise ». En effet, « 2013 a été l'un des plus mauvais millésimes avec 1998. Le marché français moyen est estimé à environ 2 M de véhicules et l'on devrait finir l'année à 1,8 M. » D'où une problématique de rentabilité pour les concessionnaires automobiles « pris entre le marteau du marché et l'enclume de frais de plus en importants, par exemple des constructeurs qui exigent de plus en plus d'investissements mais aussi une pression fiscale toujours plus forte », faisant allusion notamment à la TLPE (taxe locale sur la publicité extérieure) et la récente TASCOM (taxe sur les surfaces commerciales), « vrai hold-up qui nous assimile à des grandes surfaces. » Pour Philippe Dallard, il n'y a pour l'instant que des inquiétudes à avoir sachant que le marché de l'hybride et encore moins celui de l'électrique ne sont pas prêts à initier une relève.

# Conjoncture