Aéronautique : L'Alsace veut sa part du gâteau
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Aéronautique : L'Alsace veut sa part du gâteau

Sous l'autorité du Cahr, un recensement, encore partiel, a identifié 103 entreprises dans la filière aéronautique. Les bases de la construction d'une nouvelle identité.

Après le textile et l'automobile, l'aéronautique ? L'Alsace serait assise sur une mine d'or et commencerait tout juste à s'en rendre compte. Bien sûr, la zone d'activité de l'Euroairport et ses 6.800 emplois, au sud de la région, s'impose, depuis plusieurs années, comme le porte-étendard d'une filière à laquelle on prédit un bel avenir. Mais ce que l'on sait moins, c'est que derrière elle, une centaine d'entreprises éparpillées dans la région travaillent plus ou moins pour le même univers. «103 pour l'instant», précise Jean Simon, directeur du Comité d'action économique du Haut-Rhin (Cahr), «nous avons démarré ce recensement par le sud de la région et nous progressons vers le nord».




Une filière créatrice de valeur ajoutée

Une chose est sûre, le Haut-Rhin compterait à lui seul plus de 75 entreprises réalisant un minimum de 10 à 15% de leur activité dans l'aéronautique. Cela va des artisans d'art qui travaillent par exemple avec Jet Aviation aux sociétés informatiques capables de modéliser des plans de vol. «Nous notons une forte présence d'entreprises d'électronique et d'électricité», souligne-t-il, «mais il faut retenir que 54% de ces entreprises évoluent dans la maintenance et les services, et 46% dans l'industrie». À noter également une présence forte de bureaux d'ingénierie et d'études, gage de création de valeur ajoutée. Encore inachevé, ce travail de recensement ne dit toutefois pas encore ce que la filière pèse en termes de chiffre d'affaires et d'emplois.




Bientôt une école de pilotes de ligne

L'intérêt de cette démarche est toutefois double: elle doit permettre d'identifier la communauté aéronautique en Alsace ? moins évidente que la communauté automobile, par exemple- tout en la rendant visible. De quoi mieux appréhender un marché mondial dont on dit qu'il devrait afficher 20 ans de croissance et sur lequel le facteur prix ne prime pas encore sur le savoir-faire, la qualité et les compétences, ce qui laisse de la place aux entreprises de la vieille Europe. La première étape de cette identification avait été, en 2009, la création de l'Apraa (Association pour la promotion des activités aéronautiques en Alsace), forte aujourd'hui d'un noyau dur d'une quinzaine de membres. Cette association avait permis de mettre en évidence un déficit certain de main-d'oeuvre et un besoin de sous-traitance locale de la part des grands donneurs d'ordres. C'est également sous son autorité qu'un projet de centre de formation de pilotes de lignes devrait voir le jour à Habsheim d'ici à la fin de l'année. Tous les ingrédients d'un cluster, pourquoi pas même, à terme, d'un pôle de compétitivité autour de l'Euroairport semblent réunis. À condition que l'exception fiscale dont bénéficie la zone soit maintenue par le gouvernement, qui poursuit ses discussions avec les autorités helvètes. Ce qui, semble-t-il, serait en bonne voie.

Apraa
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