ADIE : La microfinance au service des plus démunis
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ADIE : La microfinance au service des plus démunis

Le microcrédit, une alternative pour trouver un emploi? C'est ce que propose l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), forte d'un réseau de 130 antennes et 380 permanences. Il y a plus de trente ans, le professeur Bangladais Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix en 2006, fonde la Grameen Bank, un établissement pionnier du microcrédit dans le monde. C'est en s'inspirant de ce modèle que Maria Nowak lance en 1989 son propre concept dédié au microcrédit: «Elle s'est dit que les problèmes étaient les mêmes en France: taux de chômage élevé, des gens avec des compétences mais avec des difficultés à obtenir des prêts auprès des banques, d'où, des difficultés à s'insérer. La solution du microcrédit lui apparaît alors comme pertinente afin que ces gens trouvent un emploi: créer son entreprise pour créer son propre emploi», explique Jean-Philippe Belland, responsable crédit de l'Adie Normandie.




Aider les populations défavorisées

La fourniture de services financiers réalisée par l'Adie permet aux demandeurs d'obtenir des prêts allant de 500€ à 10.000€. Une première aide destinée à permettre aux bénéficiaires d'intégrer par la suite un circuit financier classique. «L'Adie doit parfois intervenir plusieurs fois pour que le client acquière une vie de compte saine, afin de rassurer le banquier. Notre vocation est de servir de sas d'entrée bancaire». En Haute-Normandie, l'Adie compte des agences auHavre, Rouen et des permanences à Evreux et Dieppe pour un effectif total de neuf personnes dont quatre conseillers crédit. En 2008, 700 dossiers sont passés par l'association et 190 ont obtenu un financement pour la création de micro-entreprises. «Pour plus de la moitié des demandeurs, la tranche d'âge se situe entre 25 et 49 ans. Ce sont avant tout des personnes demandeurs d'emploi et plus de la moitié sont des bénéficiaires des minima sociaux».




Des résultats à la clé 75%, c'est le taux d'insertion constaté par l'Adie réalisé grâce au microcrédit. Il tient compte de ceux qui ont réussi le développement de leur entreprise et de ceux qui ont réussi à trouver un travail suite à cette création. «La création d'une activité n'est pas une finalité, elle peut simplement permettre d'être un passage dans un parcours professionnel. On peut ainsi sortir du chômage et rebondir vers autre chose». D'après les chiffres de l'Adie, plus de 60% des entreprises existent encore près deux ans, et plus de 50% après trois années d'activité. Avec un taux d'intérêt compétitif de 9,71%, le microcrédit est accessible. Mais pour Jean-Philippe Belland, face au désengagement progressif des collectivités, principaux financeurs, l'Adie doit chercher à atteindre l'autofinancement: «Donc chercher à récupérer une part sur le taux de crédit proposé afin de pérenniser la structure». En complément de son action, l'Adie propose également un accompagnement aux créateurs de micro-entreprises: «Car ils sont rarement disposés à la base à devenir chef d'entreprise et ont souvent besoin de conseils et de formations. Une Hot line leur est d'ailleurs dédiée».

Sébastien Colle

Contact: 0.800.800.566 www.adie.org

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