Transmission d'entreprise, fusion-acquisition... Depuis 2000, l'Arradonnaise Anne Guillerm porte un regard avisé sur l'évolution de l'économie de service et la PME en Morbihan. Issue du marketing, chef de produit, responsable de production dans l'agroalimentaire, Anne Guillerm traite trois-quatre gros dossiers de transmission par an. Le client type ? Les chefs d'entreprise de société de 5 à 60 salariés désireux de céder leur affaire hors secteurs bien organisés, comme les concessions automobiles. Agencement, agroalimentaire, bâtiment, meuneries sont les domaines les plus représentés.
Le bon côté de la crise Depuis la crise, énormément de cessions d'entreprises ont été différées avec l'illusion que les prix de 2005 reviendront. « Il y a obligation d'adéquation, c'est le bon côté de la crise qui a fait revenir à des valeurs réelles, financières, ne reposant plus sur une part d'affect. L'acheteur achète froidement. Certains vendeurs ont compris, d'autres non. On sait bien qu'ils ont mis toutes leurs passions et toute leur vie. A contrario, il faut faire comprendre aux acquéreurs potentiels qu'il ne faut pas jeter le bébé et l'eau du bain. Certains disent : "Oh la la, il y a tout à refaire ! Or des choix n'ont pas été faits par hasard. Bien souvent, les sociétés en vente actuellement ont assaini leurs bilans. Elles ont optimisé et rationnalisé beaucoup depuis la crise. Cela peut même être déstabilisant car l'acquéreur, dans ce cas, ne voit pas quel levier actionner », analyse Anne Guillerm pour qui la crise a fait le ménage et fait revenir à des ratios plus objectifs. A titre d'exemple, les ratios en terme de besoin de financement sont revenus autour des 70%, note la dirigeante d'ADC Conseil.
Xavier Eveillé