Actia Group : L'auto n'est plus son seul moteur
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Actia Group : L'auto n'est plus son seul moteur

l'enjeu Le groupe s'est doté d'une branche « développement », regroupant toutes les activités et pistes de diversification susceptibles de valoriser son savoir-faire dans les systèmes embarqués électroniques.

Il est des recrutements qui passent plus inaperçus que d'autres, et pourtant... Au printemps dernier, Aurélie Picart quittait ses fonctions de responsable du pôle Entreprises, Emploi et Économie de la Direccte Midi-Pyrénées pour prendre la tête de la branche « développement » d'Actia Group. Un challenge de taille pour cette jeune femme âgée de 31 ans comme pour Christian Desmoulins, le président de son directoire, qui admet sans ambages lui avoir confié une mission à fort enjeu. Concepteur et fabricant de systèmes embarqués électroniques à haute valeur ajoutée, le groupe toulousain s'est fait une renommée mondiale dans les secteurs des transports et des télécommunications et cherche maintenant à conquérir de nouveaux marchés. « Se diversifier est indispensable car il arrive un jour où les contrats sont de plus en plus difficiles à décrocher », estime Christian Desmoulins, faisant surtout référence au secteur de l'automobile : « C'est un marché mondial, où la France n'a finalement que peu de latitude sur les choix stratégiques des constructeurs lorsqu'ils décident de déplacer leur centre décisionnel. En tant qu'industriel, cela nous place dans une situation pour le moins fragile. » L'automobile porte malgré tout la croissance d'Actia Group : implanté dans 15 pays avec 2.750 collaborateurs, il a réalisé, l'an dernier, un chiffre d'affaires consolidé de 289,1 M€ (4,1 M€ de résultat net), dont presque 90 % sur sa branche « automotive ». Quant à l'activité « télécoms », après un très fort recul sur 2012, elle semble retrouver le chemin de la profitabilité cette année (avec un résultat opérationnel de 0,4 M€ au 30 juin 2013 contre une perte de 1,3 M€ au 30 juin 2012).




L'activité d'EMS intégrée à la branche « développement »

Mais quid de la toute nouvelle branche « développement » ? Elle regroupe tous les projets dans des secteurs où Actia Group souhaite se développer : l'aéronautique, le ferroviaire, le véhicule électrique et la santé. « Nous avons aussi intégré à cette branche toute l'activité d'EMS (Electronics Manufacturing Services, ndlr) », souligne Aurélie Picart. Moins connue que les valises de diagnostic et autres équipements lourds destinés aux garages automobiles conçus par Actia, cette activité de sous-traitance de fabrication de cartes et systèmes électroniques génère tout de même 35 M€ de revenus annuels, en moyenne. « Nous avons la volonté d'apporter encore plus de valeur ajoutée dans ces prestations. C'est déjà le cas avec des clients dans l'aéronautique par exemple, pour qui nous redesignons les produits ou prenons en charge le design initial puis la fabrication. Les forces d'Actia, ce sont sa maîtrise des méthodologies de développement et de production dans différents secteurs - nous sommes d'ailleurs un gros client de l'Afnor ! - et ses très gros volumes d'achats de composants (environ 100 M€ par an, ndlr) », détaille Aurélie Picart. Sans oublier ses capacités de production en petite, moyenne et grande série, réparties entre la Tunisie et la France. « On ne le sait pas forcément mais c'est à Toulouse qu'a notamment été conçu et développé le moteur de la Bluecar (le véhicule électrique de Bolloré, ndlr) en partenariat avec Cirtem qui est produit sur notre site de Colomiers. »

Actia Group



(Toulouse) Président du directoire : Christian Desmoulins 2.750 collaborateurs dans 15 pays CA 2012 : 289,1 M€ 05 61 17 61 98 www.actiagroup.com

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