Impossible de parler des vins de Loire, et particulièrement des fines bulles, sans évoquer la Maison Ackerman! Fondée en 1811 à Saumur par Jean-Baptiste Ackerman qui importe la méthode champenoise en Saumurois et crée la méthode traditionnelle, elle est aujourd'hui l'un des acteurs majeurs de la filière viticole ligérienne sur ses deux métiers : les fines bulles (Crémant de Loire, Saumur, Vouvray) qui pèsent 55 % de l'activité et les vins tranquilles (Muscadet, Saumur-Champigny, Saint-Nicolas de Bourgueil...). Grâce à l'innovation qui est « dans l'ADN de l'entreprise », aime à rappeler Bernard Jacob, son directeur général.
Du vin de table aux AOC
Lorsque Bernard Jacob arrive à la tête de la célèbre maison en 2003, suite à son rachat fin 2001 par le regroupement de sept coopératives du Val de Loire (qui créent la filiale commerciale Alliance Loire en 2002), l'entreprise connaît de sérieuses difficultés. Si la marque bénéficie d'une certaine notoriété, du fait de sa présence dans la grande distribution dès les années 60, elle perd de l'argent. Positionnée sur le marché des vins de table (1/3 de l'activité) et l'export (1/3 du chiffre se fait en Grande Bretagne), elle propose surtout des vins d'entrée de gamme. « Nous avons commencé par changer notre positionnement en abandonnant le vin de table pour un produit plus premium et notamment les AOC. Nous avons retravaillé la qualité de nos vins, même si la maison proposait déjà des cuvées qualitatives. En faisant cela, nous avons abandonné 1/3 de notre chiffre d'affaires (43M€ en 2003). Dans le même temps, nous avons restructuré l'entreprise qui comptait 240 salariés, aujourd'hui nous sommes 150. » Deux des cinq sites Ackerman sont également abandonnés. Mais la maison se dote d'un centre de vinification dans le sud Saumurois, qui traite 8millions de litres par an. « Notre objectif était de vinifier des vins adaptés aux marchés et particulièrement à l'export. »
L'X Noir relance la marque
L'innovation est au coeur de l'entreprise depuis toujours et c'est une innovation de rupture qui va relancer la marque en 2007 : l'X Noir. « Nous avons identifié un cépage spécifique à la région, le pineau d'aunis. Il s'agit d'un très vieux cépage cultivé dans la Vallée du Loir, plus connu sous le nom de chenin noir. » Ackerman applique son nouveau savoir-faire en vinification à ce cépage. Un vin rosé légèrement épicé est créé puis transformé en vin à bulles. Le packaging noir et rose fuschia fera le reste. « L'X Noir a rajeuni la marque tout en la féminisant et nous avons gagné de nouveaux consommateurs. Il n'y a pas de mystère, en économie il faut différencier les produits et en passer par l'innovation. »Le chiffre d'affaires commence à redécoller et Ackerman fait évoluer son mix en proposant désormais du moyen haut de gamme. Ses volumes diminuent, mais son CA est en hausse. Tous les ans, de nouveaux produits sont ainsi conçus : vins bios, sans alcool, sans sucre, jus de rasin pour les enfants... « Pour continuer à nous développer, nous investissons chaque année 1,5M€ dans notre outil industriel. »
Une présence à l'international depuis le XIXesiècle
L'international, Ackerman s'y développe depuis la fin du XIXesiècle, majoritairement avec ses vins tranquilles. Il pèse aujourd'hui 40 % d'un chiffre d'affaires consolidé à 50M€. Avec des marchés historiques comme l'Europe qui représente 60 % de l'export (Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas et Allemagne), l'Amérique du Nord et... le Japon (10 %). La marque est présente en Chine, Corée, Afrique, Amérique du Sud et gagne des parts de marché dans les Pays de l'Est et particulièrement en Russie. Et elle s'adapte aux différents goûts et cultures. « Notre rosé d'Anjou reste du rosé d'Anjou, mais nous pouvons par exemple faire évoluer son taux de sucre. » La maison est aujourd'hui le premier exportateur de vins de Loire. « Notre ambition est de développer la notoriété de nos vins afin de valoriser notre région en lui donnant une identité. »La suite? « Poursuivre notre développement. Par la croissance externe (NDLR Ackerman a racheté en 2010 la cave Monmousseau en Touraine qui emploie 15 salariés pour un CA de 4M€) mais aussi en arrivant à faire 50 % à l'export. Notre objectif reste de premiumiser nos produits. Les gens boivent moins, mais ils boivent mieux. Nous essayons d'accompagner ce mouvement... »
(Saint-Hilaire Saint-Florent)Président : Olivier ChaillouDg : Bernard Jacob150 salariésCA consolidé : 50M€23millions de cols dont 4 en méthode traditionnelle02 41 53 03 10www.ackerman.fr
Le premier exportateur de vins de Loire a premiumisé ses produits depuis 2007.
Afin de sécuriser ses approvisionnements, elle vient d'acheter 115 ha de vignes qu'elle cèdera début 2014.