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Acier : la France appelle à une adoption rapide du nouveau règlement européen de protection de l’industrie
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Acier : la France appelle à une adoption rapide du nouveau règlement européen de protection de l’industrie

Le nouveau règlement européen de protection de l’industrie sidérurgique doit être adopté rapidement prévient la France. Ce plan prévoit des mesures de protection de la filière avec une limitation des importations et une hausse des droits de douane.

L'industrie sidérurgique emploie 300 000 personnes dans l'Union européenne — Photo : DR

Au lendemain de la présentation par la Commission européenne d’un plan de protection de l’industrie sidérurgique, la France appelle "à une adoption rapide du nouveau règlement, afin que dès janvier 2026, ce cadre permettre à la sidérurgie européenne de retrouver des taux d’utilisation sains et nécessaires pour assurer sa pérennité".

L’acier européen fait en effet face à une baisse de compétitivité liée à un marché distordu par des capacités excédentaires, des pratiques de dumping, de subventions illégales et la fermeture progressive de grands marchés.

De son côté, le secteur a vivement salué le plan de sauvegarde. "Il s'agit d'une avancée majeure pour la défense du secteur et témoigne clairement que le dialogue stratégique sur l'acier, initié par la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, commence à porter ses fruits", a déclaré Axel Eggert, directeur général d'Eurofer.

Un plan en trois mesures principales

Le plan doit prochainement être adopté par le Conseil et le Parlement pour remplacer l’ancienne mesure de sauvegarde qui expire en juin 2026. Il prévoit des mesures protectionnistes, en limitant les importations d’acier sur le territoire européen à 15 % de parts de marché pour les aciers plats et les aciers inoxydables et à 5 % pour les aciers longs.

Maroš Šefčovič, commissaire européen au commerce, et Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne le 7 octobre 2025 — Photo : Union européenne

Il doit aussi augmenter les taux de droits de douane appliqués aux imports excédentaires à 50 %, contre 25 % actuellement. Ces quotas pourront être révisés selon l’évolution de la demande en zone UE.

Pour la Commission européenne, l’objectif est de "limiter les volumes d’importation en franchise de droits à 18,3 millions de tonnes par an", soit une réduction de 47 % par rapport aux quotas d’acier de 2024.

La France attentive à des mesures précises

Pour Bercy, la Commission européenne devra aussi élargir le périmètre de couverture à certains produits (canalisations en fonte, aciers magnétiques à grains non orientés, fils tréfilés en acier inoxydable, grenaille de fer).

La protection devra aussi être étendue "vers l’aval des chaînes de valeurs, pour éviter que les imports ne se reportent sur ces produits".

Jusqu'à 100 000

Enfin, la France restera attentive à l’application de la règle d’origine du "fondé et coulé". Cette règle permet d’éviter qu’un acier ne soit "opportunément réétiqueté dans un pays tiers où il a subi une dernière transformation, mais où il n’a pas été produit".

Ce plan est présenté dans un contexte de surcapacité mondiale de production qui représente plus de cinq fois la consommation annuelle d’acier de l’UE. Alors que 300 000 personnes sont directement employées par l’industrie sidérurgique, jusqu'à 100 000 emplois ont été perdus depuis 2007, selon la Commission européenne.

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