Si le foie gras est réglementé en France par un décret, il n'est pas défini par une directive ou un règlement communautaire. L'artisan Marcel Metzler veut combler ce vide. Selon lui, il est urgent de protéger la dénomination «foie gras» dans l'Union européenne, à l'heure de la mondialisation, sous peine de voir débarquer sur le marché des produits étiquetés «foie gras», mais fabriqués à l'étranger et vendus moins chers et de moindre qualité. «C'est à la France de proposer une loi en Europe. Si la Belgique ou la Hongrie le fait à notre place, nous devrons nous plier. Nous devons protéger une partie de notre patrimoine gastronomique», argumente Marcel Metzler. Il souhaite obtenir le label communautaire STG (Spécialité traditionnelle garantie). Ce signe définit, au travers d'un cahier des charges, la composition ou le mode de production traditionnel d'un produit sans le réserver à une zone géographique précise. Cela permettra d'établir des règles communes à tous les fabricants européens et d'obtenir une traçabilité du produit. C'est dans cette démarche d'obtention de STG, que cet artisan a créé le mois dernier l'Académie du foie gras d'Alsace. Cette association doit servir d'embryon à la création d'un organisme de défense et de gestion (ODG). Car selon le code rural, les demandes de reconnaissance de signe d'identification de la qualité et de l'origine doivent être déposées par un ODG reconnu par l'Institut national des appellations d'origine (INAO). La procédure ne fait que commencer pour Marcel Metzler... D'autant qu'il a la lourde tâche de réunir l'ensemble des acteurs de la filière: des industriels aux petits producteurs. Et tous ont des préoccupations différentes.
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Artisan traiteur basé à Gueberschwihr, Marcel Metzler a créé l'Académie du foie gras d'Alsace afin de protéger l'appellation au niveau européen.