Une heure à une heure et demie, c'est le temps de trajet moyen qu'il faut pour parcourir les 60 kilomètres qui séparent Lyon de Saint-Étienne. Un temps de parcours qui, dans certains cas extrêmes, a atteint près de douze heures (janvier2011). Premier flux routier de Rhône-Alpes (110.000 véhicules/jour), l'actuelle A47, avec ses 22 accidents en moyenne par mois, apparaît comme un véritable frein pour la compétitivité et le développement des entreprises de la région, notamment celles implantées dans la Loire. Le temps perdu dans les embouteillages a été estimé par les services de l'État, dans le cadre de l'enquête publique, à 500M€ chaque année, soit quasiment le coût de la réalisation d'une A45 tous les deux ans. Autocariste et transporteur de marchandises, la société Rochette paye le prix fort d'une infrastructure inadaptée. «Notre activité transport de marchandises est basée à Givors, expose Pierre-Jean Rochette, P-dg. Autant dire que nous sommes au coeur du problème. Entre les bouchons récurrents et les accidents, nos camions n'arrivent plus à tenir les plannings.» Depuis la déclaration d'utilité publique en juillet2008, les représentants du monde économique attendent désespérément le lancement de l'appel d'offres pour la mise en concession, qui n'a toujours pas été signé par Matignon. Lors de sa venue dans la Loire en septembre, Nicolas Sarkozy s'est voulu rassurant: «Avant la fin de l'année, tout sera réglé. Cet équipement se fera.» Estimé à 1,2 Md€, le coût de la réalisation sera financé par une subvention d'équilibre de 700M€. Si l'État a promis 350M€, les collectivités doivent s'accorder pour régler l'autre moitié de la facture. Or, le Conseil général du Rhône et le Grand Lyon refusent de s'engager si l'A45 débouche sur Lyon, tandis que les élus de la Loire et les décideurs économiques ne veulent pas d'une arrivée sur Givors. Dans ce contexte, il n'est pas sûr que les atermoiements des uns et des autres permettent au dossier d'être réglé, comme l'annonçait le chef de l'État, avant la fin de l'année.
Le temps perdu dans les embouteillages de l'A47 représente un manque à gagnerde 500 M€. Mais l'appel d'offres pour la mise en concession n'a toujours pas été lancé.