Quelles étapes ont suivi l'approbation du projet de fusion, le 25 juin 2013, par les conseils d'administration de 3A et Sodiaal ?
Les assemblées générales qui se sont tenues chez Sodiaal Union et 3A, le 18 décembre 2013 et le 8 janvier 2014, ont définitivement entériné notre projet. Officiellement, au 1er janvier 2014, 3A Coop a donc disparu en fusionnant avec Sodiaal Union. Toutefois, juridiquement, il subsiste une holding intermédiaire baptisée 3A Groupe, qui détient les anciennes filiales de 3A Coop. À savoir LFO (Les Fromageries Occitanes), Bonilait Protéines, Yéo Frais et Boncolac. Côté organisation, l'ancienne région Auvergne Sud-Ouest de Sodiaal a été scindée pour créer deux nouvelles régions coopératives : Massif Central et Sud-Ouest (qui regroupent près de 4.400 producteurs, dont les 2.000 de 3A, ndlr). En terme de gouvernance, Thierry Lanuque (ancien président de 3A Coop, ndlr) a pris la présidence de la région Sodiaal Sud-Ouest et est entré au conseil d'administration et au bureau de Sodiaal Union. Quant à moi, j'ai intégré le comité exécutif de Sodiaal et conservé la direction du pôle produits frais et surgelés (Boncolac et YéO, hors Yoplait) et de 3A Groupe.
Quel est pour vous l'intérêt principal de cette fusion ?
En 2015 seront supprimés les quotas laitiers (en vigueur depuis 1984, ils permettaient de réguler le marché du lait en Europe, ndlr). Si nous voulons limiter les excédents, il est impératif de maîtriser « l'équation laitière », c'est-à-dire chercher à valoriser au maximum le lait de nos producteurs, en ne le transformant que si des débouchés sont assurés. Parce qu'il est présent sur tous les métiers du lait, Sodiaal offre cette garantie de débouchés à nos producteurs. Il faut savoir qu'en France, on n'a jamais payé le lait aussi cher que maintenant depuis deux ans et que cette hausse des tarifs est très difficile à répercuter sur la grande distribution, où, hormis pour le fromage, tous les indicateurs de volumes et de prix sont à la baisse : yaourts, crèmes, lait de consommation...
Des synergies se sont-elles déjà mises en place ?
C'est un chantier de plusieurs années. LFO a rejoint le pôle fromages de Sodiaal, aux côtés d'Entremont, CFR&R (détenu à parts égales avec Bongrain), Monts & Terroirs et les Fromageries de Blâmont. Avant le rachat d'Entremont en 2011, ce pôle n'existait pas ; aujourd'hui il pèse 1,5 Md€ de chiffre d'affaires et est devenu un acteur majeur du secteur (co-leader sur le marché des pâtes molles et des pâtes pressées cuites et leader sur la raclette, le comté, le brie de Meaux et le munster, ndlr). Bonilait Protéines a lui aussi trouvé sa place au sein du pôle poudres et ingrédients laitiers, sur lequel les capacités de séchage ont été optimisées et des synergies commerciales sont en cours d'élaboration. Avec 60 % de ventes à l'export, c'est l'activité la plus internationale du groupe.
En quelle santé financière 3A a-t-il rejoint Sodiaal ?
En meilleure forme que celle qu'il affichait sur l'exercice précédent. 2013 a plutôt été une bonne année, malgré la hausse du prix du lait. Notre résultat courant est passé de -1 à +5 M€, grâce à une meilleure maîtrise de l'équation laitière, au redressement de LFO, au résultat record de Bonilait et à la résistance de Boncolac dans le contexte du Horsegate. En termes d'effectifs, il n'y a pas eu de plan social et il n'y en a pas de prévu. Pour moi, l'intérêt stratégique de la fusion s'est bel et bien confirmé !
Agroalimentaire. Philippe Carré, Dg de 3A Groupe, dresse un premier bilan de la fusion entre les deux groupes coopératifs, effective depuis le 1er janvier.