«Grenoble faisait partie depuis longtemps de la liste des villes à fort marché d'audience, avec une agglomération qui compte des cadres supérieurs, des étudiants, des industries de pointe, des activités de recherche...» Yvon Mézou, directeur de la rédaction nationale de 20 minutes (effectif national: 185, dont 85 journalistes, plus 30 pigistes permanents; CA 2009: 53M€) explique ainsi l'implantation d'une nouvelle édition locale du quotidien gratuit, par ailleurs présent sur neuf autres grandes villes. Le journal est «un produit très marketé, qui vit à 100% de la publicité et doit donc être sur un territoire à fort pouvoir d'achat. Notre lectorat est constitué de catégories socioprofessionnelles supérieures, de cadres, d'étudiants, de professeurs, de jeunes, urbains, féminins, très actifs.» Tiré à 25.000 exemplaires pour l'instant, le quotidien devrait monter à 35.000 exemplaires, avec des points de distribution (colportage et racks dans les stations de bus, tram et train) passant de 50 actuellement à 80 à terme. Il revendique, au niveau national, un taux de circulation de 3,7 lecteurs par exemplaire. «Le rythme de croisière devrait être atteint d'ici à la fin de l'année. Je suis très confiant. Nous avons des indices qui montrent la pertinence de l'édition et les recettes sont suffisantes pour dire que 20 minutes va marcher à Grenoble», assure Yvon Mézou. Sans pour autant vouloir dévoiler aucun chiffre. «L'investissement est secret. Il est suffisamment élevé pour que l'on fasse attention mais suffisamment accessible» pour que le lancement se fasse.
De la place pour plusieurs médias
Malgré la disparition de la version papier du gratuit hebdomadaire Grenoble et moi, toujours accessible sur internet (voir JDE février2010), Yvon Mézou estime que «20 minutes n'est pas le roi du pétrole et qu'il y a de la place pour plusieurs médias à Grenoble. Plus il y a d'offres, plus il y a de demandes.» Il affirme également qu'il n'y a aucun lien entre la disparition papier de l'hebdomadaire géré par la société lyonnaise Cojecom et l'arrivée de son quotidien dont la régie publicitaire est précisément Cojecom. «Nous avons des relations commerciales strictes.» La rédaction de l'édition grenobloise de 20 minutes, bien que coordonnée en interne depuis Paris, est externalisée et gérée depuis Lyon, par l'agence de presse Pleins titres. Chantal Féminier, sa dirigeante, explique que l'agence emploie deux journalistes basés à Grenoble pour «la couverture de proximité». Le quotidien représentera à terme 30 à 40% du chiffre d'affaires de la société lyonnaise (effectif: 3; CA 2009: 200.000€).
- www.20minutes.fr
Le quotidien gratuit 20minutes a lancé fin mai une édition grenobloise.