Haut-Rhin

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Coronavirus : le groupe Starter commande 400 masques pour la reprise de ses activités de travaux publics

Par Lucie Dupin, le 09 avril 2020

Dans le Haut-Rhin, le groupe Starter spécialisé dans les travaux publics tente d'appliquer les recommandations du guide de reprise des chantiers. Le dirigeant a commandé 400 masques en tissu et espère leur validation en attendant de pouvoir s'approvisionner en masques chirurgicaux.

Jospeh Spataro, dirigeant du groupe Starter, prépare la reprise des chantiers de travaux publics.
Jospeh Spataro, dirigeant du groupe Starter, prépare la reprise des chantiers de travaux publics. — Photo : © Groupe Starter

Avec la crise sanitaire du coronavirus, le monde s’est écroulé pour le groupe de travaux publics alsacien Starter, qui emploie 60 personnes à Feldkirch, dans le Haut-Rhin. Depuis le début du confinement, l’entreprise, qui a réalisé 7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019, a stoppé nette son activité et 90 % de son personnel est en chômage partiel. Une décision « subie », selon Joseph Spataro, dirigeant du groupe Starter et par ailleurs président du syndicat des travaux publics du Haut-Rhin. Celui-ci cherche aujourd’hui à relancer son activité, qui consiste pour l’essentiel à construire des réseaux de gaz, d’électricité, des canalisations d’eau potable, mais aussi à déployer la fibre optique, notamment en Lorraine et à réaliser des travaux d'aménagement extérieur pour les particuliers et les entreprises.

La remise en route de l’entreprise n’est pas si simple que cela, étant données les nouvelles conditions de travail imposées par l’épidémie de coronavirus. Joseph Spataro dit ainsi se heurter « à des problèmes d’organisation par rapport aux gestes barrières. Le guide de reprise des chantiers est clair et complet. Mais puisqu’il recommande, a minima, le port de masques chirurgicaux pour des manutentions de proximité, nous nous heurtons à un problème d’approvisionnement en matériel de protection ».

Masques lavables versus masques chirurgicaux

Pour préparer la reprise de l’activité, qu’il espère dans la semaine du 20 avril, le chef d’entreprise compte sur la réouverture des négociants en matériaux et dit avoir dépensé 6 000 euros en produits d’hygiène et en bidons d’eau pour se laver les mains sur les chantiers. De plus, Joseph Spataro a commandé 400 masques en tissu auprès d’un distributeur local. « Ces masques lavables ne sont pas considérés comme des masques chirurgicaux. Or, la clé de voûte pour reprendre notre activité serait que ces masques à usage domestique nous soient validés le temps de pouvoir s’approvisionner en masques chirurgicaux ». Le président départemental du syndicat des travaux publics entend bien faire entendre sa voix auprès des autorités publiques pour obtenir cette validation. Sans cette dernière, « cela pourrait compromettre la reprise des chantiers », craint le chef d'entreprise. Joseph Spataro s’interroge par ailleurs sur la prise en charge de ces surcoûts en équipement et espère une participation des maîtres d’ouvrage. 

Une formation aux mesures sanitaires

Une autre condition à la reprise de l’activité sera de veiller à ce que le personnel connaisse et applique les gestes barrières. Pour ce faire, le dirigeant du groupe Starter prépare une formation aux mesures sanitaires destinée à son personnel. « Outre une obligation de moyens en fournissant les protections nécessaires, nous aurons désormais une obligation de surveillance et de contrôle pour veiller à ce que nos équipes appliquent les gestes barrières », prévient Joseph Spataro.

Autre paramètre à prendre en compte, selon le patron du groupe Starter : la date de la reprise de l’école, pour l’instant fixée au 4 mai. « Entre les absences pour garde d’enfants, la mise à l’écart par précaution du personnel présentant des problèmes de santé et la non reprise de l’activité pour les apprentis, le taux d’absentéisme pourrait être de l’ordre de 60 à 70 % au moment de la reprise de l’activité ».

La réouverture des chantiers est également conditionnée au bon bon vouloir des clients du groupe Starter « car la responsabilité revient aux maîtres d’ouvrage d’accepter que les entreprises reprennent ». Et certains donneurs d’ordres préfèrent pour l’instant ne pas relancer les chantiers pour des questions de sécurité. Enfin, le dirigeant s’interroge quant à « la capacité des services administratifs actuellement en télétravail, comme les bureaux d’études, les cabinets d’architectes ou encore les services des mairies, de pouvoir se déplacer sur les chantiers pour les valider ».

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