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Interview Stephan Oddos : « Il faut être un homme de réseau pour percer dans le design »

Entretien avec Stephan Oddos, PDG du groupe 1+Un (Oddos Buro et Trentotto)

Propos recueillis par Juliette Jaulerry - 14 juin 2018

Stephan Oddos est devenu la référence toulousaine en matière de design. Comment ce spécialiste de l’aménagement des maisons et des entreprises parvient-il à se développer face aux géants du meuble ? Il décrit l’organisation de sa PME de 45 salariés et ses projets de croissance avec en ligne de mire un chiffre d’affaires de 15 M€ d’ici 2022 (contre près de 10 M€ aujourd’hui).

Stephan Oddos, PDG de Trentotto et Oddos, à Toulouse.
Stephan Oddos, PDG de Trentotto et Oddos. — Photo : Sophie Stacino

Vous gérez quatre emplacements de vente à Toulouse et vous avez créé une nouvelle structure, 1+Un, en 2014. Quel est le rôle de cette entreprise ?

Stephan Oddos : Nous sommes organisés en cinq sociétés. La plus récente, 1+Un, est installée près de Labège. Nous louons un espace de 1 500 m² où une vingtaine de personnes s’occupe de faciliter le management de toutes les autres entités du groupe : exploitation (stockage et logistique), administratif, communication. Cette SARL facture ses services aux autres entreprises et a affiché un chiffre d‘affaires de 900 000 euros cette année. Nous avons internalisé la communication et la gestion des livraisons.

La gestion des livraisons est un enjeu majeur dans votre stratégie ?

S. O. : Au vu de l’essor du e-commerce, la qualité des livraisons sera un critère essentiel. C’est pourquoi j’ai voulu internaliser ce service dès 2014 : j’ai embauché des magasiniers, des techniciens de montage de meubles, une personne chargée du planning et nous avons notre propre flotte de véhicules (4 camions). C’est la meilleure façon de garantir à nos clients la qualité du service de livraison, du montage mais aussi de les sécuriser sur les risques de cambriolage. Nous avons le projet d’aller plus loin et de proposer ces services à d’autres distributeurs de meubles. Nos concurrents deviendraient les géants de la livraison comme Geodis, UPS ou autres… C’est un pari ambitieux car ce n’est pas facile d’embaucher sur le long terme dans ces métiers. Et puis il faudra agrandir notre espace de stockage. On y va progressivement.

Comment se répartit votre chiffre d’affaires entre l’ameublement des particuliers et des entreprises ?

S. O. : Nous avons trois emplacements Trentotto dédiés à la maison : Trentotto Outside (aménagement de l’extérieur), Trentotto Original (meubles design haut de gamme pour l’intérieur) et Trentotto Concept Store (sélection plus élargie avec des gammes de produits plus accessibles). Le showroom Oddos Buro est dédié à l’aménagement des espaces de travail et nous venons de créer le site oddos.design. Les activités Trentotto ont rapporté 7,7 M€ de CA. Côté Oddos Buro, le CA est 4,1 M€. C’est donc assez équilibré.

La vente en ligne est un des axes de croissance de votre groupe ?

S. O. : Nous nous lançons cette année dans le e-commerce. Nous avons démarré en avril avec un site de vente pour Trentotto. Celui d’Oddos Buro sera prêt en septembre prochain. Nous ne prétendons pas être les champions de la vente en ligne de meubles. C’est pour nous un service supplémentaire à la vente en magasin : on permet à nos clients d’acheter sans se déplacer, à n’importe quelle heure, n’importe quel jour. J’espère que dans 4 ans la vente en ligne représentera 20 % de notre CA. Nous avons mis en place de nouveaux services comme la carte-cadeau Trentotto et ça démarre déjà bien. C’est donc une autre voie vers la croissance, à côté du développement d’une plateforme logistique.

Vos marques Trentotto et Oddos Buro sont devenues une référence dans le milieu du design. Comment êtes-vous parvenu à vous forger cette forte réputation ?

S. O. : C’est le travail et l’expertise qui nous différencient. Il y a un manager par site et nous travaillons en intelligence collective. Chaque semaine, je passe moi-même une journée sur chaque site et je continue à faire de la vente. La communication est très importante pour fidéliser notre communauté d’amateurs de design. C’est la raison pour laquelle nous avons internalisé ce service qui emploie aujourd’hui 4 personnes. Récemment, nous avons organisé nos 30 ans de design et 1 500 personnes étaient présentes. Il faut être un homme de réseau pour percer dans le milieu du design. Petit à petit j’ai forgé une communauté autour de ces marques. En dehors de mon entreprise, j’ai créé Kansei TV qui réalise un reportage sur l’architecture une fois par semaine, et que je diffuse par e-mail.

Le bien-être au travail est dans toutes les bouches. Cette tendance impacte directement le marché du mobilier de bureau ?

S. O. : C’est vrai qu’il y a une réelle prise de conscience de l’importance du cadre de travail. Les entrepreneurs ont réalisé que c’était aussi devenu un facteur d’attractivité en termes de recrutement. Cette prise de conscience date d’une dizaine d’années, au même moment que le phénomène start-up. Nous sommes sur des gros projets comme l’ameublement de l’aéroport de Toulouse, en travaux actuellement, et celui de la nouvelle clinique Capio de Quint-Fonsegrives.

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