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Le fabricant de robots Forssea finance son déploiement dans l'industrie offshore

Par Anthony Rey, le 19 janvier 2022

Spécialisée dans la robotique sous-marine, la société sétoise Forssea boucle une levée de fonds de 3,8 millions d’euros. Historiquement positionnée dans le secteur parapétrolier, elle projette de se développer dans l’éolien offshore, en plein boom, entre autres nouveaux débouchés.

Les robots sous-marins de Forssea sont notamment utilisés pour l’inspection et la maintenance.
Les robots sous-marins de Forssea sont notamment utilisés pour l’inspection et la maintenance. — Photo : Forssea

Fondé en 2016, le fabricant sétois de robots sous-marins Forssea (18 salariés, CA 2021 : 1 M€) a clôturé, en 2020/2021, un cycle de R & D visant à valider sa gamme de robots utilisés dans l’inspection et la maintenance des industries offshore. Cette maturité technologique se traduit aujourd’hui sur le plan financier : après avoir fait entrer l’Ifremer (Institut français de la recherche pour l’exploitation de la mer) à son capital en 2020, elle ouvre son tour de table aux fonds Sofilaro et Qair Innovation et lève 2 millions d’euros, complétés par un prêt d’1,8 million auprès de Bpifrance.

Une technologie autonome de pointe

Forssea a d’abord développé une gamme de caméras intelligentes, fonctionnant par reconnaissance de cibles, appelées "tags". "Après avoir positionné un tag à l’endroit choisi, la caméra, grâce à l’intelligence artificielle, sait le reconnaître de façon autonome. Nous développons désormais, en coopération avec l’Ifremer, une caméra à reconnaissance de forme, sans tag", explique Gautier Dreyfus, de Forssea. La PME sétoise vend ses caméras à des parapétroliers, tels que Technip ou Eiffage Énergie, pour des prestations d’inspection visuelle sur des pipelines ou des têtes de puits.

Parallèlement, Forssea est allée plus loin dans ces prestations d’inspection en créant "Argos", une gamme de robots sous-marins supervisés à distance, et capables de plonger en profondeur en haute mer. "Là où les drones sous-marins ordinaires se contentent de descendre à 100 mètres, nous allons jusqu’à 2 000 mètres en gérant des contraintes fortes, comme des charges de 10 ou 15 kg d’équipements installés sur les robots", insiste Gautier Dreyfus.

Ces robots seront placés en contrat de location long terme chez des sociétés de service maritime, à qui Forssea offre un service de maintenance et d’outillage clefs en main. Forssea a placé deux robots sous ce format en 2021, et va utiliser sa levée de fonds pour accélérer son développement commercial : elle prévoit d’en installer chez quatre nouveaux clients en 2022, puis chez 10 autres d’ici 2025.

De nombreux prospects intéressés

Pour ses solutions robotiques, Forssea cible là encore les parapétroliers, mais s’apprête à répondre, en 2022, à ses premiers appels d’offres pour la maintenance des champs d’éoliennes en mer. "Les acteurs des marchés gaziers et pétroliers se tournent vers les projets d’énergie renouvelables, si bien que l’industrie offshore bascule de plus en plus vers l’éolien en mer. Nous pouvons conserver ces clients, mais en leur proposant de nouvelles applications, telles que l’inspection des fondations d’éoliennes", justifie Gautier Dreyfus. Lequel rajoute que d’autres diversifications sont à l’étude, vers de nouveaux secteurs tels que la défense, le BTP ou le nucléaire, "après plusieurs projets pilotes réussis".

Forssea a installé sa production à Sète, où elle dispose d’un bassin de tests pour ses robots, tout en utilisant les sites de l’Ifremer à Toulon et La Ciotat, "une baie marine renommée mondialement pour son tombant", glisse Gauthier Dreyfus. Elle prévoit de tripler de surface, d’ici la fin 2022, pour installer une nouvelle ligne d’assemblage et de maintenance, et pour améliorer son accès aux quais du port de Sète. Sur le plan économique, elle ambitionne de doubler son chiffre d’affaires à horizon 2024.

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