Hérault

Énergie

Genvia lance l'industrialisation de ses électrolyseurs à Béziers

Par Anthony Rey, le 30 mars 2021

Inaugurée le 30 mars sur le site de Cameron Schlumberger à Béziers (Hérault), l’entreprise Genvia, cocréée par plusieurs partenaires industriels, démarrera la fabrication de ses électrolyseurs dédiés à la production d’hydrogène vert dès le mois de juillet 2021. Les premières séries seront réservées, l’an prochain, à quelques intégrateurs clefs.

Florence Lambert, présidente de Genvia, Jacques Witkowski, préfet de l’Hérault, et Carole Delga, présidente de Région, réunis pour l’inauguration de Genvia à Béziers.
Florence Lambert, présidente de Genvia, Jacques Witkowski, préfet de l’Hérault, et Carole Delga, présidente de Région, réunis pour l’inauguration de Genvia à Béziers. — Photo : Région Occitanie

Après plusieurs mois d’annonces, le consortium industriel à l’origine de Genvia (formé par Schlumberger, le CEA, Arec Occitanie, Vinci Construction et Vicat) lève officiellement le voile sur la coentreprise, installée dans le site de Cameron Schlumberger à Béziers. Destinée à fabriquer des électrolyseurs à oxyde solide pour la production d’hydrogène décarboné, Genvia démarrera l’installation d’une première ligne de production en juillet 2021.

Une giga factory pour 2030

Le calendrier prévoit une montée en cadence graduelle, de sorte à arriver à une production de quelques centaines d’électrolyseurs par an dès 2022, puis à une production intensive d’ici 2024. Les partenaires se décideront sur l’opportunité de poursuivre le programme en 2024 et dans l’affirmative, le site industriel évoluera en "giga factory" à l’horizon 2030, produisant des électrolyseurs pour une puissance cumulée d’1 GW par an à cette date. "L’hydrogène sera l’élément clef de la transition énergétique, en s’imposant comme carburant du futur aux côtés des batteries, ou en étant utilisé dans l’industrie pour la décarboner massivement. Mais ce défi ne sera relevé que si nous avons la capacité de produire la molécule, sans émission de CO2, à un coût compétitif. Avec le passage en giga factory en 2030, nous ambitionnons d’être en dessous de 2 euros le kg, ce qui constituerait un des meilleurs coûts de production au monde pour la molécule d’hydrogène", précise Florence Lambert, présidente de Genvia.

De nombreuses compétences à maîtriser

D’ici l’échéance de 2030, Genvia utilisera les propres ressources de la PME biterroise Cameron, filiale de Schlumberger, spécialisée jusqu’ici dans la production de vannes et d’obturateurs pour les puits de pétrole. "Nous sommes compétents dans le design de lignes de fabrication et des écosystèmes nécessaires pour massifier cette production. Nous allons procéder de même pour les électrolyseurs de Genvia. Ceci implique, au démarrage, des compétences en automatisation que nous acquérons soit par recrutement, soit par formation en interne", rajoute Luc Mas, directeur du site de Cameron.

Concrètement, 70 des 500 personnes employées par Cameron seront détachées pour Genvia dès cette année 2021. Mais la technologie concernée impliquant quelque 40 brevets déposés par le CEA, les ressources humaines intégrées à ce projet impliqueront d’autres profils de haut niveau chez les partenaires, notamment des chercheurs et des ingénieurs au sein du CEA-Grenoble et du site de Schlumberger situé à Clamart. Au total, Genvia mobilisera plus de 70 personnes sur le plan national en 2021.

Un maillon essentiel de la stratégie régionale

À terme, Genvia prévoit d’inclure sa technologie dans des systèmes ciblant plusieurs domaines d’application, d’abord avec une puissance de quelques KW, puis de plusieurs MW. "Les secteurs intéressés sont l’énergie car nos électrolyseurs seront un outil de flexibilité du réseau, mais aussi l’industrie et la cimenterie à travers notre partenaire Vicat, ou encore la mobilité avec Vinci. Nous ne vendrons pas en exclusivité, mais nous sélectionnerons quelques opérateurs clef pour diffuser notre technologie", annonce Florence Lambert.

Si Genvia ne dévoile pas la composition de son tour de table, elle indique qu’elle a été capitalisée "à hauteur de quelques dizaines de millions d’euros sur les quatre premières années", avec deux actionnaires majoritaires que sont Schlumberger et le CEA. La Région Occitanie arrive au troisième rang à travers son Agence régionale Énergie Climat (Arec), pour un montant de 3,8 millions. Selon nos propres informations, le projet Genvia pourrait bénéficier d’un budget total de 500 millions d’euros sur 10 ans.

Genvia est un maillon majeur de la stratégie en cours pour structurer une filière autour de l’hydrogène vert en Occitanie. Sur le plan du pilotage institutionnel, le Conseil régional a voté, dès 2019, un plan doté de 150 millions d’euros sur 10 ans. "Genvia est une réalisation notable en termes de souveraineté industrielle. C’est un projet qui permet de concilier transition énergétique et création d’emplois, tout en créant un écosystème qui ira jusqu’à la formation, afin de pourvoir les postes à venir sur le site de Cameron", commente Carole Delga, présidente de Région.

Florence Lambert, présidente de Genvia, Jacques Witkowski, préfet de l’Hérault, et Carole Delga, présidente de Région, réunis pour l’inauguration de Genvia à Béziers.
Florence Lambert, présidente de Genvia, Jacques Witkowski, préfet de l’Hérault, et Carole Delga, présidente de Région, réunis pour l’inauguration de Genvia à Béziers. — Photo : Région Occitanie

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