Toulouse

Environnement

Ethikis, l'entreprise toulousaine qui lutte contre l'obsolescence programmée

Par Paul Falzon, le 13 janvier 2021

En trois ans, la coopérative toulousaine Ethikis ad Civis a mis en place le label Longtime, qui identifie les produits conçus pour durer. Une demi-douzaine d'industriels sont déjà engagés dans la démarche, dont le géant de l'électroménager Whirlpool.

Elsa Lomont et Julien Preguesuelo, fondateurs d'Ethikis.
Elsa Lomont et Florent Preguesuelo, fondateurs d'Ethikis. — Photo : Ethikis

Début d’année sur des chapeaux de roue pour Ethikis ad Civis : la coopérative toulousaine (4 salariés) donne une nouvelle ampleur à son label Longtime, qui vise à identifier et à valoriser les produits conçus pour durer, avec l'arrivée parmi les industriels engagés du géant de l'électroménager Whirlpool. "Whirlpool a obtenu le label pour trois de ses gammes de fours encastrables, soit une centaine de références : ce partenariat nous assure d’être visibles des consommateurs dans tous les rayons d’électroménager", se félicite Elsa Lomont, à l’origine du projet avec Florent Preguesuelo.

Lutter contre l’obsolescence programmée

Créé en 2018, Ethikis s’est donné pour mission de lutter contre l’obsolescence programmée des produits de grande consommation (appareils domestiques, électroniques, électroportatifs…). Les premiers mois de l’entreprise sont consacrés à créer le cahier des charges du label Longtime, constitué de 41 critères sur trois points clés : la robustesse du produit, sa réparabilité, les garanties et SAV. S’y ajoutent d’autres points d’évaluation sectoriels, en fonction des familles de produits concernées. Fin 2019, deux premiers industriels se lancent dans l’aventure : le fabricant d’aspirateurs Rowenta et une PME de la région toulousaine, Xplorer, spécialiste des détecteurs de métaux. Ces deux industriels aident la jeune coopérative à affiner sa méthodologie tout en bénéficiant de ses conseils : pour chaque critère, des actions correctives sont proposées afin d’améliorer encore la durabilité des produits. À l’heure actuelle, une vingtaine de produits, proposés par une demi-douzaine de marques, peuvent afficher le label.

Couvrir davantage de familles de produits

"La vocation d’Ethikis n’est pas seulement de définir un cahier des charges, mais aussi de guider les fabricants dans l’amélioration de leurs pratiques, détaille Elsa Lomont. Nous nous positionnons comme experts sur les enjeux de la durabilité." Pour garantir l’impartialité de sa démarche, la coopérative a chargé deux organismes de contrôle indépendants, Apave Certification et Ecocert Environnement, de réaliser les audits et d’attribuer le label : Ethikis se concentre sur le développement commercial et technique. Et l’agenda s’annonce chargé en 2021, avec la volonté d’élargir le champ d’action de Longtime via de nouvelles annexes sectorielles. "D’ici la fin de l’année, nous aimerions couvrir une trentaine de familles de produits, ce qui nous permettrait d’engager des démarches proactives auprès de fabricants. Certains industriels nous contactent déjà de façon volontaire, et nous envisageons des partenariats avec des réseaux de distribution", indique Elsa Lomont.

Un calendrier législatif favorable

Le calendrier est favorable avec l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2021, d’un indice de réparabilité des produits manufacturés. À horizon 2024, la loi Agec (pour anti-gaspillage et économie circulaire) prévoit la création d’un indice de durabilité totalement en phase avec les objectifs d’Ethikis, qui participe d’ailleurs aux travaux préparatoires engagés par l’Ademe et le ministère de la Transition écologique. "Nous sommes à l’aise avec l’idée d’être un outil complémentaire à la législation, notre solution étant actuellement la seule à offrir une grille d’analyse prédictive de la longévité d’un produit", souligne Elsa Lomont. Ethikis a été sélectionné par l’ONU pour intégrer son initiative sur la consommation et la production durables, One Planet Network. La coopérative est aussi soutenue par France Active Investissement, qui a mis en place un financement de 100 000 euros sous forme de titres participatifs, qui lui permettent d’engager ses projets pour l’année à venir. L’objectif de la jeune entreprise est d’atteindre la rentabilité dans deux ans.

Elsa Lomont et Julien Preguesuelo, fondateurs d'Ethikis.
Elsa Lomont et Florent Preguesuelo, fondateurs d'Ethikis. — Photo : Ethikis

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