Dordogne

Distribution

Hammel innove avec une boutique connectée et permanente pour les artisans plombiers

Par Romain Béteille, le 28 novembre 2022

Le distributeur périgourdin Hammel, spécialisé dans les produits de plomberie, sanitaire et chauffage auprès de 10 000 artisans plombiers innove. Il vient d’inaugurer son premier magasin autonome et connecté, ouvert en permanence et destiné à alléger la logistique de ses clients.

Boutiques Hammel Go à Périgueux (Dordogne)
Boutiques Hammel Go à Périgueux (Dordogne) — Photo : Hammel

C’est l’histoire d’une quincaillerie robinetterie née en 1948 à Marsac-sur-l’Isle (Dordogne), devenue aujourd’hui une société spécialisée dans la distribution (20 000 références, 60 salariés, 60 M€ de chiffre d’affaires en 2022), qui s’ouvre pour la première fois les portes du CES de Las Vegas. La société Hammel se rendra début janvier 2023 à la grand-messe américaine de l’innovation avec, dans ses bagages, un nouveau concept, concrétisé fin septembre à Périgueux : un magasin de 15 m2 à l’intérieur d’un container qui contient 300 types de produits référencés parmi les plus utilisés pour les artisans professionnels.

Du porte-à-porte au connecté

Une suite logique pour l’entreprise, qui a donné naissance au groupe industriel Ayor (150 M€ de CA). Après la vente à distance au milieu des années 50, la création d’un entrepôt logistique de 11 000 m2 en 1990 et l’arrivée d’un site internet de vente en ligne en 2010, Hammel avait déjà créé en 2021 une consigne connectée et sécurisée. Baptisée CollectBoks, elle lui permet d’éviter les retours de livraison et d’alléger la charge administrative des artisans. Sa dernière idée, baptisée Hammel Go Store, poursuit dans le même sens. Imaginée à la suite du confinement par Michael Hammel, petit-fils du fondateur, elle est complémentaire à la promesse de base de la société, dont 50 % de l’activité se fait via la vente en ligne (et le reste par une équipe de 40 commerciaux répartis sur toute la France) : la livraison en moins de 24 heures.

Container connecté

Durant un an et demi, la PME a imaginé ce container connecté, ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec plusieurs atouts dans sa manche. "D’abord, il sait gérer le vrac. Les autres concepts de ce type, plutôt réservés aux GSA (grandes surfaces alimentaires) utilisent de la computer vision, ce qui ne marche que sur des gros produits packagés et facilement identifiables. Pour que ça puisse fonctionner en vrac, nous avons adossé ce système (conçu avec le développeur de logiciel amiénois Belive) à un principe de balance connectée", explique Ludivine Viale, responsable du projet Hammel Go. "Associée avec la computer vision, elle identifie ce que le client prend", le tout en temps réel.

50 magasins en 2025

Après avoir scanné un QR code, le client entre ses identifiants qui lui ouvrent les portes de la boutique où il va choisir ses produits. "Elle va lui appliquer ses prix préférentiels sans surcoût, avec les délais de paiement prévus par la loi de modernisation économique. Les étiquettes électroniques se mettent à jour automatiquement et le magasin est aussi équipé d’une reconnaissance vocale : si l’artisan demande un produit spécifique, la boutique va l’éclairer", termine Ludivine Viale. Hammel affiche de grands espoirs pour ses magasins qui n’ont besoin que d’un compteur électrique et d’une connexion en 4G. Sa stratégie est d’en installer une dizaine par an et 50 d’ici à 2025 "sur les grands axes routiers pour permettre aux artisans d’éviter les détours pour se dépanner et décarboner les villes". Elle estime le chiffre d’affaires de chacun des points de vente à 300 000 euros annuels a minima et doit ouvrir les deux suivants au premier semestre 2023 à Bordeaux.

Un virage important pour le distributeur, qui ne disposait d’aucune boutique physique. Ciblant à la fois des grandes métropoles et des villes moyennes, la PME poursuivra le développement d’Hammel Go en sondant ses artisans pour identifier ses futures implantations. "Nous choisirons aussi les villes les plus engorgées", confie Ludivine Vial. Son concept de CollectBoks sera implanté à côté de chaque container pour ajouter un service de click and collect. Hammel imagine déjà des containers deux fois plus vastes à plus ou moins long terme. "Nous sommes avant tout là pour faire du dépannage". L’entreprise périgourdine espère revenir de Las Vegas avec d’éventuels contacts d’investisseurs en poche qui voudraient développer le concept au-delà de ses frontières. "Nous étudierons cette opportunité".

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